Alger - Revue de Presse

Commentaire



S’excuser n’est pas une défaite Evoquer les massacres commis par la France coloniale lors de leurs commémorations, uniquement, serait se faire les complices d’assassins qui échappent à la Justice des Hommes. S’en remettre au jugement de l’histoire est une manière de se dérober et de faire le lit de déclarations «poudre aux yeux» comme celles faites par tous les officiels français qui se sont succédé ou qui se devaient de donner un gage de bonne volonté afin de détendre les relations entre les deux capitales, à la veille de voyage en Algérie. L’ancien président Chirac avait été le dirigeant français qui avait le plus flirté avec ce dossier sensible, se donnant un coup de «pouce» en inscrivant la question dans le cadre d’un traité d’amitié qui devait jouer un rôle essentiel dans l’apaisement des tensions, et mettre en place les instruments objectifs d’un retour à la «normale». La stature de l’homme qui fut un acteur de cette guerre -même si le lieutenant Chirac n’avait pas été impliqué personnellement dans des tueries- couplée à celle de Bouteflika qui n’hésita pas à revêtir virtuellement l’uniforme de l’ALN, une manière de se replacer dans une logique de négociations qui peuvent traverser et remonter le temps, n’a pas suffi à faire bouger les choses. Que peut faire un Chirac animé de la meilleure des volontés devant la ténacité de mauvais perdants: des pieds-noirs revanchards, d’autres qui continuent de nourrir des rêves absurdes et de militaires sans gloire qui croient dur comme fer que les tueries dont ils ont été les auteurs sont de hauts faits d’armes, et que s’excuser prendrait à leurs yeux les contours d’une seconde défaite? Si les Algériens trouvent, à juste titre, déplacées les requêtes de colons pillards qui ont assassiné et exproprié des civils sans défense, le même raisonnement -justifié à leurs yeux- pourrait être tenu par ces hordes de terroristes qui plastiquaient, cassaient du «raton» et qui revendiquent aujourd’hui d’être dédommagés pour les «biens» abandonnés sous la contrainte des événements et de la peur qu’ils ont même instaurés 132 années durant. La seule différence que ce ne sont pas les Algériens qui ont traversé la Méditerranée, mené des guerres sur un sol qui n’est pas le leur, pillé les richesses naturelles et utilisé les indigènes français comme chair à canon pour se libérer des nazis. Il est illusoire que les nostalgiques de l’Algérie française comprennent cette vision des choses, parce que leur seul argument est d’être nés en Algérie depuis plusieurs générations. Comme si l’Algérie n’avait existé que depuis 1962. Et encore! Les Juifs ont eu droit à des excuses, des dédommagements et un pays en prime pour des crimes commis comme eux dans des pays qui ne sont pas les leurs. Cela n’enlève en rien à l’hommage rendu à un peuple, à condition que le traitement soit égal à tous. Aux Algériens, aux Palestiniens et à tous ceux qui ont subi la loi du civilisé s’avançant une épée dans une main, un sac pour récupérer le butin dans l’autre. Autrement, il serait ridicule d’évoquer les droits de l’Homme qui ont été universellement déclarés le 10 décembre 1948 à Paris, c’est-à-dire bien avant les pouvoirs spéciaux de 1956, les tortures pudiquement baptisées Bataille d’Alger de 57, les zones interdites de tous les temps et les barrages électrifiés qui tuent toujours… Miloud Horr
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