Alger - Revue de Presse

Commentaire



Y en a-t-il encore pour militer ? Le fait qu’il y ait des émeutes, quelles qu’en soient les motivations, des affrontements tribaux ou alors seulement un désintérêt cependant profond pour la «chose» politique, viendrait apporter la preuve d’un total désencadrement partisan de la société civile, ou plutôt des populations, ce qui se traduit par l’absence de médiation entre les pouvoirs publics et les populations quand, pour une quelconque raison, se déclenche une crise ouverte.La société civile s’affranchit ainsi de toute tutelle ou de toute influence tant par rapport aux pouvoirs publics, aux partis politiques qu’aux associations qui paraissent toutes avoir un fil à la patte pour se comporter en simples appareils qui réagissent sur commande. Elle s’autonomise également par rapport aux élus locaux, ce qui peut sembler être un paradoxe, compte tenu que ces derniers se prévalent d’un mandat populaire. Quant aux partis, d’abord ceux qui sont dans l’opposition et ceux qui ne sont ni dans l’opposition ni au pouvoir et qui ne finissent pas, depuis longtemps déjà, d’osciller entre l’inefficacité de l’action isolée et l’impossibilité de l’action concertée, ils estiment aujourd’hui qu’il est urgent... de ne rien faire. Il est vrai qu’on ne sait pas trop ce qu’ils pourront réellement faire. Ils savent cependant qu’un recul trop marqué et durable comporte le risque de leur sortie définitive de l’échiquier politique. La situation n’est pas tellement plus reluisante du côté des partis dont on dit qu’ils sont au pouvoir. Ces partis ont, certes, perdu leurs adversaires et ont peut-être cessé le combat faute de combattants, mais n’ont pas investi le terrain pour occuper l’espace déserté par l’opposition. Alors, en dehors des campagnes électorales, le désengagement des partis de l’animation de la vie politique légitimise l’interrogation des citoyens: «A quoi cela sert-il de militer dans un parti? Quel est le sens du concept de militant?» Mais, quand d’évidence il est observé un rapprochement entre partis pour former une alliance et s’apparenter au pouvoir, malgré les échanges inamicaux auxquels ils procèdent souvent entre eux, et que ceux qui sont dans l’opposition s’interdisent une telle issue, on se demande si la motivation de s’allier pour demeurer au pouvoir est plus forte que celle de s’allier pour tenter d’accéder au pouvoir, ou à tout le moins pour rendre la vie dure au pouvoir, puisque telle est là une des missions ou plutôt la stratégie de l’opposition. Dans les conditions du pluralisme politique algérien où nous n’avons encore jamais vu un secrétaire général de parti accéder au pouvoir où il est presque admis qu’il s’agit là d’une fatalité, ou d’une décision d’»en haut», quel pouvoir resterait-il alors pour les partis à conquérir? Bachir Medjahed
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