Le virtuel au détriment du réel
Aux deux-tiers de son itinéraire, l’événement culturel de l’année «Alger, capitale de la culture arabe» suit un cours presque routinier. Aucun bilan, partiel ou d’étape, n’a été communiqué pour informer les Arabes si les objectifs tracés ont été ou non atteints. Des sommes faramineuses ont été englouties, sans que les Algériens sachent quels dividendes leur pays, en tant que maillon culturel de ce monde assis sur deux continents, peut tirer d’une manifestation aussi importante, le message que le pays a tourné à la barbarie, excepté?
Après la décennie d’horreur, il était impératif de changer l’état d’esprit et des Algériens -qui ont redécouvert les joies d’une soirée saine en famille- et celui des Arabes, qui ne savaient de l’actualité nationale que ce que leur distillaient les médias occidentaux, ainsi que leurs subordonnés dans la hiérarchie de l’information planétaire. A-t-on, pour autant, songé à intégrer dans ces objectifs une stratégie arabe de l’information qui est un élément de la culture, à supposer qu’il y ait volonté des Vingt-deux qui disposent de 430 chaînes de radio et de télévision, dont une bonne partie est utilisée à des fins de déstabilisation de pays voisins, censés être frères? Pour l’exemple, Hollywood, le géant américain a toujours servi de support à la propagande de la Maison-Blanche. Au gré des relations de l’Amérique avec le reste du monde, des films ont été produits décrivant sous des traits diaboliques, communistes, américains libres, Italiens de la maffia et, plus près de nous, depuis la guerre du Golfe, les Arabo-musulmans, façonnant ainsi la pensée de plusieurs générations d’Américains et d’Européens à qui l’on a décerné le statut de monde libre.
Israël a toujours réussi à séduire des pays hésitants en donnant l’image d’un peuple qui a échappé par miracle à une extermination par les nazis pour tomber entre les pattes d’une brochette de pays arabes armés jusqu’aux dents qui menacent de le raser, alors que le pays dicte sa volonté au monde entier. Il aura fallu deux guerres, celles d’Irak et du Liban, pour que l’on se rende compte que l’image et la bombe sont des armes aussi destructrices l’une que l’autre.
Le seul fait palpable de l’événement, censé faire d’Alger la capitale culturelle du monde arabe, a trait à des rumeurs et des détournements. Des informations, fausses ou avérées, qui anéantissent les efforts consentis et dénaturent les enseignements à tirer et qui font que l’opinion nationale ne comprend pas pourquoi l’on continue à chanter et à danser alors que le peuple a faim. Car il ne faut pas se tromper d’objectif et faire comme Cavalli: monter une équipe pour tenter de battre le quintuple champion du monde et se faire éliminer par une modeste équipe gambienne.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com