Terrain miné !
Le chef de la diplomatie iranienne est venu à Alger pour «discuter» de la situation qui prévaut au Liban. Après le vote de la résolution 1701 et les déclarations du président de la République qui confiait à deux revues libanaises que l’Algérie continuera de soutenir le Liban et la Palestine «tant qu’un pouce de terre arabe sera encore occupé», la visite de M. Mottaki sera, certes, principalement axée sur la question. D’autant plus que l’Iran est en train de lancer une large offensive diplomatique pour avoir l’appui des principaux pays arabes. Le revers de l’armée sioniste et ses répercussions sur le double plan militaire et diplomatique inciteront Israël à envisager plusieurs scénarios. Sur le plan militaire, une reprise des opérations n’est pas à exclure après qu’Olmert, critiqué de toutes parts, a promis de «faire mieux la prochaine fois». Le blocus du Liban n’est toujours pas levé et des raids contre les civils sont toujours d’actualité, ce qui pousserait le Hezbollah à tirer des roquettes en représailles. La Syrie, accusée d’avoir armé Nasrallah, pourrait être attaquée pour laver l’affront, ce qui permettra à l’Etat hébreu de restaurer la peur qu’il inspire aux pays arabes, un mythe qu’a détruit la résistance du Hezbollah. Restera, alors, l’Iran. Le président américain vient de «secouer» ses principaux conseillers dans les dossiers nucléaires iranien et nord-coréens éclipsés par la guerre.Téhéran risque donc de faire les frais du réveil de Bush que les «fronts» irakien et afghan ont affaibli, d’autant plus que la piètre performance des Israéliens déteindra immanquablement sur l’homme le plus puissant de la planète. Un «manque» de soutien que lui fera certainement payer le puissant lobby juif américain. Pour corser l’addition, les vieux démons des bombes volantes, qui ont ressuscité cette semaine, sont venus rappeler aux Américains que la stratégie de la guerre préventive n’a contribué qu’à faire prendre conscience aux pays arabes et musulmans qu’ils restent les marchepieds de l’Occident emmené par l’Amérique et ses «valeurs supérieures». C’est sur ce terrain que Mottaki tentera d’arracher le soutien de l’Algérie pour cautionner le refus de Téhéran de subir le diktat américain et de faire front contre ses accusations quant à la volonté de l’Iran de vouloir fabriquer la bombe atomique. D’autant plus que l’Algérie avait, également, été accusée du même «crime», au moment où les hordes terroristes brûlaient le pays. Une question sensible qui risque d’entraîner l’Algérie dans un terrain mouvant qui pourrait lui coûter une stabilité à peine retrouvée après une décennie rouge dans laquelle l’Iran n’a pas, toujours, eu un rôle apaisant.
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Miloud Horr
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com