
Evocation n Il a marqué le cinéma algérien avec des films cultes ayant connu un grand succès, lesquels sont portés par son talent, son approche ou sa vision de réalisateur à part, soucieux de bien faire et de donner le meilleur de lui-même en vue de s'imposer en tant que professionnel du cinéma.Le métier de réalisateur, il ne l'avait pas appris dans des écoles spécialisées, c'est sur le tas ? en travaillant à la Télévision française ? qu'il s'est frayé un chemin dans le milieu cinématographique, où il y avait trouvé sa voie, en forgeant d'expérience à l'autre, une carrière professionnelle riche et remarquée, carrière qui fait parler de lui-même à titre posthume.Ses films sont connus du grand public, mais son nom l'est moins, presque pas, seuls les gens du métier le connaissent.Lui, c'est Mohamed Slim Riad, décédé et inhumé à Narbonne, au sud de la France à l'âge de 83 ans, le 25 juin dernier. Il est parti sur la pointe des pieds, silencieusement, humblement, dans l'anonymat. Pour se souvenir de lui, lui rendre un hommage, la Cinémathèque algérienne lui a consacré du 10 au 17 septembre une série de projections de ses films à travers les 17 cinémathèques implantées sur l'ensemble du territoire national. La Cinémathèque algérienne prévoit, en outre, de rendre un autre hommage à Mohamed Slim Riad au 2e Festival du film des pays méditerranéens, prévu du 6 au 12 octobre à Annaba. C'est ainsi que le public, notamment la jeune génération, aura l'occasion de découvrir ou de redécouvrir cinq chefs-d'?uvre. On citera, entre autres, «Hassan Taxi» (1982), produit par Mohamed Tahar Harhoura, dont l'histoire gravite autour du personnage de Hassen, remarquablement interprété par Rouiched, aux côtés de Saloua, Robert Castel, Lucette Sahuquet. Ce long métrage, une comédie, raconte les péripéties de Hassan, un ancien combattant durant la guerre de libération, qui aspire à un avenir?meilleur. Il a fini par décrocher une licence de taxi. Il sillonnera les rues d'Alger et vivra les aventures les plus incroyables.?Le second film, «La voie» (1968), retrace la fuite d'un petit groupe d'hommes d'un camp d'internement. Les événements se déroulent à la fin de la guerre de Libération nationale. Côté distribution, on retrouve Sid Ahmed Agoumi, Allel Al Mouhib, Mostapha Chougrani.Dans le troisième film, «Le vent du Sud» (1975), l'un de ses films les plus connus et qui compte parmi les 15 premières ?uvres restaurées et numérisées cette année par le ministère de la Culture, le réalisateur met le cap sur l'histoire de Nafissa, une étudiante à Alger, qui passe ses vacances dans le domaine de son père, un riche propriétaire terrien, qui la destine à un personnage influent du village. Nafissa, refusant de se soumettre à la décision de son père, décide de s'enfuir. Notons que ce film a été présenté au Festival panafricain du cinéma et de la Télévision de Ouagadougou. Son expérience cinématographique comprend également «Autopsie d'un complot» (1978), «L'Inspecteur Tahar» (1969), «On revient» (1972)?Né en 1933 à Bou Ismaïl (Tipasa), le défunt a entamé sa carrière en tant que photographe. Ses débuts dans le cinéma remontent aux années 1960, période au cours de laquelle il avait réalisé une dizaine de courts métrages avant de se consacrer, dans les années 1970, aux longs métrages, tels que «La Voie» (1968), «Vent du Sud» (1975), «Autopsie d'un complot» (1978) et «Hassan Taxi» (1982). Il a été militant dans les rangs du FLN pendant la guerre de libération nationale, précisément au sein de la Fédération de France, il a été emprisonné pendant plusieurs années en France avant d'être transféré dans des prisons algériennes. Après l'indépendance, Mohamed Slim Riad avait notamment dirigé le Centre algérien de l'industrie du cinéma (CAIC) et était membre de l'association Lumières.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Yacine Idjer
Source : www.infosoir.com