Le rossignol du haouzi, le passeur du terroir
4ème partie
Les soirées musicales qu’animait Cheïkh Abelkrim Dali à Tlemcen étaient perturbées par l’intrusion de «Djmaâ’at Dar El Hadith qui faisaient de la propagande», ce qui aurait constitué un des facteurs ayant conduit à son exil à Alger, selon un notable de la ville qui a requis l’anonymat.
A noter que les soirées étaient à l’époque «ponctuées» de «ta’briha» (commande payante «nominative» à la criée d’une chanson, la recette représentait ainsi le cachet de l’orchestre). En 1940, dès la création de l’orchestre de Radio Alger, Boudali Safir, alors directeur de la dite Station (ELAK), le fit venir de Tlemcen pour participer aux concerts de musique andalouse que donnait cet orchestre sous la direction de Mohamed Fekhardji. En 1950, il enregistra «El Kaoui», «Amersouli», «El Hadjam» et «Nergheb Elmouid». En 1951, il est nommé professeur de musique au conservatoire de Hussein Dey à Alger. En 1952, il rejoint l’orchestre de Radio Alger comme musicien luthiste.
Elargissant ses connaissances musicales au contact de l’»Ecole d’Alger» sous l’autorité de Cheïkh Mahieddine Lakehal, Abdelkrim Dali devait, à la mort de ce dernier, quitter définitivement sa ville natale pour s’installer avec toute sa famille à Alger. Il y partagera une partie de ses activités entre l’orchestre de musique classique de la radio et celui de la troupe arabe de l’Opéra animée par Mahieddine Bachtarzi. «Parallèlement à la musique, Dali exerçait le métier d’électricien... Quand nous (élèves du conservatoire d’Alger) étions invités chez lui, c’était la fête, sa femme Baya nous préparait du sfendj (beignets traditionnels).Lorsque Cheïkh El Anka n’avait pas cours, il montait au premier étage (du conservatoire) pour savourer la voix du Cheïkh, il en redescendait enivré. En 1956, il se déplaça au Maroc à la tête de l’orchestre de Omar Bekhchi, à l’occasion du retour d’exil du roi Mohamed V. Il eut à dédier une chanson patriotique de sa propre composition à sa Majesté.
Outre ses qualités d’interprète (musique et chant) qui ont assis sa notoriété, avec notamment cette voix au timbre si pur et mélodieux, il entame, au début des années 50 une carrière d’enseignant à l’école communale de musique de Hussein Dey. Une vocation qui restera la sienne jusqu’à la fin de sa vie.
Ainsi, après la mort de Mohammed Fekhardji, en 1956, c’est Abdelkrim Dali qui allait le remplaçait une année après, en 1957, comme professeur au conservatoire municipal d’Alger.
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Allal Bekkaï
A suivre...
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com