«J’étais au courant!»
C’est visiblement avec peu d’entrain que le ministre de l’Energie et des Mines, Chakib Khelil, s’est présenté, hier, face à la presse nationale au siège de son ministère afin d’évoquer les amendements de la loi sur les hydrocarbures.
Il est vrai que le ministre redoute sérieusement les réactions des partenaires étrangers qui ne vont certainement pas apprécier, de son propre aveu, les nouvelles modifications apportées à la loi. «On va leur ôter une partie des profits!», a-t-il souligné. Se montrant plus précis, il citera l’imposition d’une taxe sur les superprofits si le prix du baril dépasse les 30 dollars. Revenant sur ce qui a été qualifié par la presse de «revirement», le ministre évoquera, sans convaincre, la révision de la constitution. Pour justifier son absence du Conseil de gouvernement consacré à la révision de la loi sur les hydrocarbures, Chakib Khelil révèlera avoir été mis au courant deux semaines à l’avance de la tenue de cette réunion mais son récent voyage en Chine l’empêcha d’y assister.
Le principal motif de l’amendement de la loi réside, d’après lui, dans l’évolution de la situation sur le marché pétrolier qui connaît, convenons-en, une hausse sans précédent.
En effet, «personne ne pouvait prévoir que les prix resteraient si élevés jusqu’à ce jour», s’est-t-il exclamé. Concernant le prix du baril du pétrole coté, après les attaques israéliennes, à 78 dollars, un prix record, le ministre estimera que la hausse sera constante au moins jusqu’à septembre. Et pour ne pas trop se déjuger par rapport aux modifications apportées, Khelil reviendra à la charge en martelant devant les journalistes que «l’esprit de la loi 05-07 est maintenu». Pour le ministre, la loi 05-07 a pour avantage un système automatique de récupération de la rente en modulant le niveau des taxes en fonction des revenus : «une telle mesure n’était pas prévue par la loi 86-14", a-t-il argué.
Pour schématiser la rente pétrolière en Algérie, Khelil surprendra son assistance en parlant d’un grand «gâteau». Pour lui, le plus gros morceau -représentant 62% dudit gâteau- ira, à l’avenir, à l’Etat. Sonatrach se partagera avec ses partenaires le morceau restant, soit 48%. Le ministre évoquera, par la suite, certains contentieux entre Sonatrach et ses partenaires étrangers.
Il citera, en l’occurrence, le litige qui oppose actuellement British Petroleum à la compagnie nationale sur le site de Rourdhe El Baguel.
Le motif a trait, selon le ministre, à la technologie utilisée. D’autres contentieux autour du partage de la production font l’objet, selon lui, d’un arbitrage en justice. L’impression qu’a laissée, Chakib Khelil, à l’issue de cette conférence de presse, n’était pas à l’enthousiasme débordant. Pire, le ministre, dans le cas d’espèce, semblait avoir été... débordé.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com