Un colloque sur les Algériens de l'étranger, cela sert àquoi ? A montrer un «intérêt» pour ceux qui sont ailleurs. Mais cela n'est pasforcément le signe que l'on a une politique. Il aura servi au moins à rappelerune chose, un peu trop méconnue: les transferts de devises des Algériens vivantà l'étranger dépassent les investissements directs étrangers.Quand on compare entre l'intérêt épisodique pour lesAlgériens expatriés et les appels réguliers aux investissements étrangers, onsaisit bien l'absence de cohérence. Mais ne nous leurrons pas. Si l'Algérie sesoucie de ses expatriés, cela ne peut concerner vraiment que deux catégories:ceux qui détiennent des capitaux et ceux qui détiennent du savoir. Pour lescapitaux, on ne sent pas vraiment le frémissement. D'origine indéfinie, unebonne partie de ces capitaux algériens ne sont aucunement intéressés par le «retour » en dépit des discours rassurants des pouvoirs publics. Il reste doncle capital humain, ce savoir que détiennent les compétences nationales partiestrouver ailleurs une amélioration de la qualité de la vie et un épanouissementprofessionnel.C'est autour de ces questions que les choses se feront ou,c'est plus probable, ne se feront pas. En d'autres termes, les causesobjectives qui ont amené les compétences algériennes, souvent de guerre lasse,à aller ailleurs sont-elles toujours présentes ou non ? La réponse est connue.Elle est donnée par les compétences encore présentes dans le pays, qui sonttentées par l'expatriation. La seule option envisageable pour les cadresexpatriés est de créer les conditions pour que l'économie nationale puisseprofiter de leur savoir sans attendre qu'ils reviennent.Tabler sur le «retour» pour des hommes et des femmes quiont souvent galéré pour se faire une situation à l'étranger, est une illusion.Par contre, il existe chez eux une disponibilité à servir et à aider leur pays.C'est à ce niveau que l'Algérie peut et doit agir. Après tout, on «importe»déjà et au prix fort de la compétence technique étrangère qui n'est pas destinéeà s'établir chez nous.Les liens affectifs des expatriés avec leur pays devraientêtre un atout, mais cela ne doit pas déroger aux règles de l'économie. A compétenceégale avec un étranger, l'Algérien expatrié ne doit pas être sous-rémunéré. Etle patriotisme ne doit pas être avancé pour justifier un traitement inégal.Cette question récurrente des cadres expatriés est latraduction claire de l'existence d'un «besoin» et l'Algérie doit s'organiserpour le satisfaire. Elle soulève une question de fond: si on sait qu'il estdifficile de faire revenir des cadres, cela ne doit que rendre plus pressant lebesoin de garder ceux qui sont encore dans le pays. C'est le vrai enjeu. Lesgarder avant qu'ils ne cèdent à l'envie si pressante de partir, comme ceux quiles ont précédés.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : K Selim
Source : www.lequotidien-oran.com