Alger - Revue de Presse

C'est le successeur qui y gagne le plus!



L'unedes analyses les plus à la mode pour soutenir Bouteflika veut que mis à partBouteflika, « il n'y a personne d'autre » pour assurer la présidence, lastabilité, la continuité, le café, le blé, le thé. Le Président est donc déjàPrésident par défaut. Pourquoi ? Parce que selon cette analyse par le vide,l'opposition est cariée de l'intérieur comme une mauvaise dent, n'a pas réussisa maturité et ne peut ouvrir droit qu'au chaos, aux islamistes ou à la guerrecivile. L'analyse est tellement simple qu'elle en est séduisante comme un platpréparé ou une veste qui vous entoure les épaules amicalement. Les Algériensqui l'écoutent sont ceux-là les plus nombreux qui ne sont pas démocrates, n'ycroient pas et se sentent fatigués par les efforts et le stress qu'exigent lesalternances. Donc il vaut mieux voter Bouteflika ou, pour aller plus, ne pasvoter du tout et continuer tel quel jusqu'à atteindre les volontés de Dieu. N'ya-t-il donc personne d'autres pour remplacer Bouteflika mis à part les « aigris», les mauvais perdants, les inutiles démocrates ou les inconnus en effetsspéciaux ? Peut-être « oui » répond la majorité. « Il faut sauver laConstitution » répond une minorité. La mécanique nationale ne permettant pasl'émergence de figures alternatives ni de concurrents loyaux, la question estdonc ouverte. Pourtant, il y a un bug dans cette machine rose. On aurait pudire la même chose sur Messali avant la dissidence de l'OS. Messali étaitnécessaire et « unique » et impossible à remplacer avant le FLN. De Gaulleétait irremplaçable avant Ferhat Abbas. Benbella l'était tout autant avant sonredressement par Boumediène. Et qui connaissait Chadli avant la mise à l'écartde Bouteflika le jeune ? Personne. Et qui connaissait Boudiaf avant Chadli ?Personne. Tout autant que Zeroual après Ali Kafi. Accompagné au pouvoir puis àla porte, Zeroual était un homme « nécessaire », irremplaçable, stabilisant etsécurisant tout autant que Bouteflika avant l'arrivée de Bouteflika. Celui-ciinvité à prendre l'Algérie dans ses bagages, il est consacré comme « nécessaire» et irremplaçable. Cela signifie quoi ? Cela veut dire qu'on ne lui a pastrouvé de remplaçant parce qu'on ne le veut pas et pas parce qu'on ne le peutpas. D'où la nuance. Chaque numéro 1 de l'Algérie a été irremplaçable jusqu'aumoment où on a décidé de le remplacer. Reste la terrible question bassementalimentaire du moment : pourquoi tient-on à réviser la Constitution et réélireBouteflika avec autant de hargne dans le labeur ? Là, c'est la théorie des deuxoiseaux avec une seule pierre qui prévaut. Bouteflika ne peut pas aller,techniquement, au-delà d'un autre mandat, que restera-il à l'Algérie après lui? Le magnifique bonus offert à son successeur : une présidence à vie. De quoiêtre vraiment irremplaçable. Une dernière thèse sous forme d'une interrogation: Bouteflika est-il déjà manipulé par son successeur ? Qui est cet homme quiprépare l'Algérie comme on commande une veste ?
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