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C'EST LA VIE Fifi croque la vie à pleines dents



C'EST LA VIE Fifi croque la vie à pleines dents
Fatma Amroun, Fifi pour les intimes, incarne le courage et la détermination. Sa trisomie n'a jamais été un handicap pour elle.
Par S. Hammoum
Cette adolescente est en effet un exemple pour les enfants trisomiques et et leurs parents. Son handicap, loin de la décourager, l'aide à surmonter les pires difficultés d'un quotidien pas facile à vivre du tout compte tenu aussi de la situation familiale de ses parents avec un père malade, un retraité dont la pension n'excède pas les 4 000 DA mensuels. On sait les symptômes dus à la trisomie fréquemment observés chez l'enfant : un retard intellectuel et mental, un faible tonus musculaire un retard de langage et une morphologie atypique du visage et de la bouche, des yeux et de la dentition. De plus, il lui est difficile de se retrouver dans l'espace. Un espace que Fifi a conquis si l'on voit tout ce qu'elle a entrepris dans les différents domaines qu'elle a investis avec succès. C'est donc sans compter sur les ressources psychologiques de Fatma qui vient arrondir le budget familial avec le produit des ventes de ses créations en couture broderie, un métier qu'elle a appris à la section couture de la maison de jeunes de Draâ-Ben-Khedda dont elle est adhérente depuis son plus jeune âge et où elle fait figure de mascotte.
Fifi maîtrise l'outil informatique, adore cuisiner et fait même du karaté.
Fifi maîtrise aussi l'outil informatique, fait du karaté avec à la clé la maîtrise du kata, de la natation et même de la coiffure et la cuisine. Des activités sportives qu'elle a entamées à l'âge de quatre ans lorsqu'elle accompagnait sa sœur aux entraînements. Elle fait par ailleurs bon usage de son mobile recevant plein de SMS émanant de ses copines. Grâce aux connaissances de base acquises à l'école primaire, Fifi maîtrise, en plus du kabyle, le français et l'arabe. Elle a même réussi à être primée dans un concours de dessin ! Pas étonnant chez cette fille qui est curieuse de tout ce qui est beau. Ses créations en couture et broderie sont prisées par les professionnels de la mode. En atteste la douzaine d'attestations et de diplômes de participation aux activités associatives organisées à l'échelle de la wilaya et même ailleurs comme à Biskra et Alger où elle a été encouragée.
Elle est curieuse de tout ce qui est beau. Elle a été primée dans un concours de dessin.
Tout comme elle a exposé à l'université et dans les rencontres culturelles régionales. Elle ne rate également aucune commémoration de la journée du 8 Mars à laquelle elle apporte son grain de sel. Son carnet de commandes ne désemplit pas tant ses créations sont prisées. Elle met tout son amour et sa rage pour les confectionner. Mais son extraordinaire élan risque d'être stoppé par ce méchant diabète qu'elle a choppé alors qu'elle amorçait une ascension vertigineuse dans son art. Un problème de santé qui s'ajoute à un déficit visuel. Son avenir d'artisane au talent avéré et d'informaticienne est désormais lié au bon vouloir des pouvoirs publics qui lui ont proposé, selon sa mère, un local qui ne convient pas à sa situation de handicapée. Sa mère affirme en effet que l'état de santé de sa fille nécessite un local situé non loin des services de santé pour pouvoir continuer ses œuvres par lesquelles elle vit. C'est pour cette raison que la fille a sollicité de l'APC l'octroi d'un petit espace de quelques mètres carrés, «situé dans un coin perdu de la maison de jeunes», selon sa mère, pour y ériger un local où elle envisage d'exploiter ses talents d'informaticienne, cela en amont à la couture-broderie qu'elle fait chez elle. Sa mère tient à préciser que son intention n'est nullement d'accaparer définitivement l'espace et le local qu'elle compte aménager à sa fille si la demande est suivie d'effet affirmant qu'elle ne veut d'aucun document visant à l'en rendre propriétaire. Mais pour que Fifi étale ses talents, il faut qu'elle se sente en sécurité une fois dans son espace et son élément, une condition nécessaire pour s'adonner à son travail et jouir pleinement de l'estime et de la confiance que les gens lui portent. Ce qui la poussera à persévérer car les trisomiques ont tendance à abandonner facilement devant un environnement hostile. Le mérite revient aussi à ses parents qui ont accueilli sa naissance avec des youyous. Elle sera adulée et choyée par sa famille avant que cet amour se propage à tous les habitants de DBK qui font de Fifi l'idole de la ville. Le président de l'association Djurdjura ne tarit pas d'éloges en direction de cette fille hors du commun qu'il dit être la première à intégrer son association comme adhérente, ne ratant aucun événement malgré son handicap. «Par ses innovations et sa verve continue, elle apporte un plus à notre association.» Son courage est également mis en exergue par le président qui ajoute que son adhérente se prend en charge pour traiter son diabète (piquage, dosage et taux de glycémie). Invitée à conclure, Fifi lance un appel du cœur aux membres de l'APC de Draâ Ben Khadda : «Si vous m'aimez vraiment et que vous êtes attentifs à ma situation, accédez à ma demande d'aménagement d'un local où je continuerai à m'épanouir à l'ombre de la tendresse de ceux que j'aime et qui me le rendent si bien.»
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