Région à vocation agricole, Legata, 25 km
au nord-est de Boumerdès, ambitionne de devenir le pôle économique et
touristique de cette partie de la wilaya.
La terre est une affaire de famille, dira
Mr. Hamidaoui Ali le maire de ce bourg appelé jadis «la petite Espagne», qui
n'y va pas par quatre chemins pour fustiger tous ceux qui ont terni l'image de
sa commune.
Il reconnaît que sa commune, autant que les
autres, a connu la décennie noire mais pas pire que d'autres endroits et pour
convaincre, il parle des longues soirées des fêtes familiales où le DJ ne
débranchait ses décibels qu'à l'aube, et ceci, au plus fort moment du
terrorisme.
Dès 1995, et pour «respirer», les citoyens des
localités environnantes y venaient à Legata. «Notre commune alimente les quatre
coins du pays en agrumes, à aucun moment nos agriculteurs n'ont cessé leurs
activités.
Ils rejoignaient les marchés de Chelghoum
Laïd, de Rovigo (Bougara), de Tadmait ou de Mostaganem dès le lever du jour»,
commente le maire qui veut redonner vie à sa commune, celle qui servait de lieu
de rencontre pour des centaines de saisonniers qui venaient y travailler les
champs, «on y venait de partout, même du Maroc, l'orange locale n'avait pas son
pareil, elle tenait le haut du pavé, la tomate de Legata reste la référence, on
se l'arrache partout, des camions quittent la localité quotidiennement pour les
différents marchés» précise-t-il.
Mais, Legata n'a pas su ou n'a pas pu profiter
de l'opulence de ses agriculteurs et de ses terres reconnaît Mr. Hamidaoui. En
premier lieu, les autorités publiques n'ont pas donné à la région l'outil
nécessaire pour accompagner ces fellahs. Cette localité qui se trouve à un jet
de pierre de deux agglomérations, Zemmouri à l'Ouest et Bordj Menaiel à l'Est,
n'a bénéficié d'aucun projet permettant de sortir ce lieu de son enclavement,
souligne Mr. Khoula, animateur du programme du renouveau rural. Ce dernier cite
pêle-mêle «le manque quotidien d'une population qui n'est guère revendicative,
le gaz naturel alimentant toute les communes fait défaut ici, les transporteurs
ne se soucient que de leurs intérêts, laissant des centaines de lycéens et
travailleurs sur le carreau chaque matin.
L'eau, qui reste une matière primordiale
pour ces milliers d'agriculteurs, reste très en deçà de la demande», à ce
sujet, le P/APC dira «il existe plus de 300 forages qui risquent, avec le
temps, de tarir la nappe phréatique. Pour les agrumes, on pompe en H/24, cette
situation a déjà causé des dégâts puisque certains puits et des fontaines
publiques se retrouvent aujourd'hui à sec», et d'ajouter «on avait applaudi le
projet reliant Taksebt à Alger en eau potable pensant naïvement que notre
commune y sera branché, du fait que la conduite passe à la limite de notre
territoire, mais on a vite déchanté, ce qui oblige mes concitoyens à se tourner
vers les citernes durant l'été, c'est frustrant» conclut le maire.
Cette commune, l'une des plus vieilles
d'Algérie puisqu'elle existait déjà en 1901, y recèle des trésors inestimables.
Plus d'un millier de pièces en argent de l'époque Fatimide viennent d'être
mises à jour, des fouilles ont permis de sortir de sous terre des tombes ovales
similaires à ceux des tombes des Pharaons. Il y a un mois, une pierre tombale
gigantesque représentant quatre personnes a été découverte après des travaux
chez un particulier, même l'Emir Abdelkader avait planté sa tente à Koudiate
El-Arais (la colline des mariées), c'est frustrant, ajoute une seconde fois le
maire, une région très riche par son histoire et ses capacités se trouve dans
cet état». Les ambitions de la nouvelle assemblée sont énormes, en premier
lieu, cite Mr Hamidaoui, récupérer 1 ha d'une EAC qui se trouve à l'état
d'abandon après que ses quatre hectares de vignobles ont été coupés, suite à un
différend entre les associés, pour ériger un CEM et éviter les longs
déplacements aux collégiens.
Par ailleurs, le rivage de Legata a été
retenu pour abriter différents services, et l'APC ambitionne de créer un grand
parc de jeu aquatique.
D'un autre côté, et pour faire face à
l'abondance de la tomate, la création d'une conserverie et d'une unité de froid
serait proposée à tout investisseur dans la nouvelle zone industrielle.
Il faut savoir que la localité, qui s'étend
sur 49 km² abritant 18 douars, verra la création aussi de quatre retenues
collinaires pour assurer l'irrigation des champs.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : O M
Source : www.lequotidien-oran.com