
A Sour-El-Ghozlane, cette ville antique située à 33 kilomètres au sud de Bouira et considérée comme l'une des plus calmes de la wilaya, les choses se sont tellement accélérées ces derniers jours que d'aucuns craignent un soulèvement violent et à tout moment.Tout a commencé lorsque les responsables du groupe industriel Algeria Chemical Specialities ou ACS duquel dépend l'entreprise des détergents Enad, de délocaliser le siège social de cette entreprise qui était implanté jusque-là à Sour-El-Ghozlane vers Alger. La décision transmise au directeur général par intérim qui a entamé les procédures en transférant le personnel vers le complexe des détergents qui se trouve également à Sour-El –Ghozlane mais qui est à l'arrêt depuis plusieurs mois à cause d'une mauvaise gestion selon les représentants des travailleurs, a créé une sorte d'indignation chez le partenaire social, ainsi que le conseil d'administration de l'entreprise qui n'avait pas été associé à cette décision.Et pour faire entendre leurs voix, les travailleurs de l'Enad ainsi que les employés au niveau du siège, ont organisé pendant plusieurs jours de suite des sit-in devant le siège social pour réclamer le maintien du siège social de l'entreprise à Sour-El-Ghozlane, car selon les travailleurs qui avaient eu l'appui de la population de Sour-El-Ghozlane, son transfert vers Alger signifie simplement la mort programmée de l'entreprise Enad telle qu'elle a fonctionné jusque-là et surtout la fermeture définitive du complexe Enad de Sour-El-Ghozlane où travaillent plus de 600 pères de famille dont la majorité est issue de la région. En somme, une mise au chômage qui ne dit pas son nom.La population de Sour-El-Ghozlane qui ne cessait tout au long de ces derniers jours de faire appel à tous les enfants de la région pour intervenir auprès du Premier ministre Abdelmalek Sellal pour surseoir à cette décision et trouver en même temps une solution au complexe Enad de Sour-El-Ghozlane pour son redémarrage, a été surprise durant la même semaine par une autre décision prise cette fois-ci presque en catimini : celle de la fermeture de l'Ecole nationale de l'administration pénitentiaire.La décision prise à l'échelle interne par le département de Felioune, a été mise à exécution en douce puisque selon notre source, ce n'est que durant la semaine passée, lorsque les derniers bus existants au niveau de cette école ont été transférés, que l'information a vraiment circulé. Auparavant, tout s'est fait dans une discrétion totale.Il est vrai que contrairement à l'Enad, le cas de l'Ecole nationale de l'administration pénitentiaire est différent puisque le personnel de cette école, évalué à plus de 130 employés tous grades confondus, est issu de plusieurs willayas du pays et son transfert vers l'Ecole nationale de l'administration pénitentiaire de Koléa dans la wilaya de Tipasa, a été très facile, excepté peut-être certains postes comme celui des femmes de ménage et de quelques agents d'entretien.Or, selon le député RND, Nouri Lakhdar, le transfert du siège social n'est pas encore fait définitivement ; alors que le complexe Enad qui vit effectivement, toujours selon lui, des difficultés financières avec presque quatre mois de salaires impayés pour les travailleurs, mais qui n'est pas à l'arrêt, vient d'avoir un nouveau directeur qui pourra insuffler avec le partenaire social un nouveau départ pour le complexe. En tout état de cause, notre interlocuteur dira qu'un rendez-vous avec le DG du groupe ACS est prévu pour demain dimanche.Concernant la fermeture de l'Ecole nationale de l'administration pénitentiaire, et toujours selon le député Lakhdar Nouri, il ne s'agit pas de fermeture mais de restructuration pour cause d'exiguà'té du site abritant cette école nationale à Sour-El-Ghozlane, une partie a été transférée vers Koléa.Un transfert d'une partie de l'école vers Koléa et l'école de Sour-El-Ghozlane perdra indéniablement son statut d'école nationale pour en garder celui d'une annexe.Autant dire que les appréhensions de la population sont légitimes. Une population qui voit dans ces dernières mesures, une volonté délibérée des pouvoirs publics de dépouiller la ville de Sour-El-Ghozlane de toutes ses infrastructures d'envergure nationale qui la prédestinaient pour un avenir prometteur en la plaçant en pèle position pour une wilaya déléguée dans le cadre de la troisième étape des wilayas déléguées promises par le gouvernement et qui concerneront la partie nord, prévue pour 2017.Aussi, la crise économique qui frappe le pays, l'austérité décidée par le gouvernement et les lenteurs dans le lancement de certains projets structurants au niveau de cette ville carrefour et prometteuse, font craindre à la population une remise en question de toutes ces promesses.La population de Sour-El-Ghozlane qui a toujours fait preuve d'un haut degré de conscience et de patriotisme, tant durant la décennie noire où la ville a été dans une large mesure épargnée par le terrorisme et ses enfants jamais tombés dans le traquenard intégriste, que durant les derniers événements communément appelés le printemps arabe où la population a su déjouer toutes les manipulations ; la population de cette ville antique qui a jusque-là observé des actions d'une manière pacifique en faisant appel à tous les enfants de la région et de la wilaya ; élus locaux, députés, anciens ministres et même cadres travaillant au sein du gouvernement, attend avec impatience l'intervention du Premier ministre pour annuler ces dernières décisions qui, si elles sont mises à exécution, mettront en péril des centaines d'emplois et créeront à coup sûr, des tensions sociales aux conséquences imprévisibles.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Y Y
Source : www.lesoirdalgerie.com