L’hydraulique dans tous ses états
Avec le lancement des grands chantiers du secteur de l’hydraulique, l’Algérie tend à se prémunir contre une crise hydrique aux effets socio-politico-économiques désastreux.
Des indicateurs macro-économiques des plus encourageants en corrélation avec une situation climatique capricieuse, aux excentricités pluviométriques les plus prononcées du contexte subtropical ont, depuis quelques années, boosté les manivelles de décision dans le sens des démarches intégrées à visées multisectorielles en matière de sécurisation des besoins de la communauté en eau potable (AEP), eau d’irrigation et pour les besoins industriels.«La clôture des programmes de développement inscrits dans le quinquennat 2005/2009 va permettre de mobiliser 1 milliard de m3 d’eau par an via la réalisation de 13 nouveaux barrages ayant une capacité de 1,8 milliard de m3; au-delà de 2009, 38 autres barrages sont projetés», précise Aouebed Ali, enseignant chercheur et doyen de la faculté de l’ingénieur à l’université de Blida, lors du Séminaire national portant sur le thème «L’eau dans son environnement» tenu les 8 et 9 juin 2008. La sécheresse de 2003, d’après notre interlocuteur, a été édifiante en ce sens qu’elle a tiré de leur torpeur, des responsables qui ne saisissaient pas à leur juste proportion les conséquences d’un stress hydrique prolongé accentué par des capacités de stockage en deçà des besoins immédiats, à moyen et à long terme de la communauté. L’aménagement des bassins versants des barrages, de l’avis du Pr Remini, enseignant chercheur à l’université de Blida et spécialiste du transport solide «s’il n’est pas mené à terme, il serait inutile de construire des ouvrages qu’on va perdre en quelques années sachant qu’environ 50 millions de tonnes de vase se déposent annuellement au fond de nos barrages».Sur un autre plan, le transfert des eaux, pour pallier le déséquilibre hydrique d’une région à l’autre, va permettre de véhiculer quelque 1718 hm3 d’eau/an. Les projets de transferts Nord-Nord et Nord-Hauts-Plateaux sont en cours de réalisation alors que les travaux d’acheminement des eaux de l’albien du nord du Sahara vers les wilayas des Hauts-Plateaux sont prévus à partir de 2009. Tamanrasset, capitale du Hoggar, sera, quant à elle, reliée sur 740 km par une double conduite qui va, suivant le système de refoulement, assurer l’amenée des eaux souterraines à partir d’Aïn Salah. Ce mégaprojet coûtera, pour rappel, la coquette somme de 1,3 milliard de dollars. Sur le volet dessalement de l’eau de mer, pas moins de 13 stations seront réceptionnées avant 2011, avec pour objectif, la production de 2,260 millions de m3/jour dont un million de m3/jour avant fin 2009. Avec la rentrée en service de la station d’El Hmama, la plus importante en Afrique, d’une capacité 200.000 m3/jour et l’attribution du marché du projet de réalisation de la station de Megtaâ (Oran), la plus grande au monde, d’une capacité de 500.000 m3/jour, l’objectif ciblé semble être accessible dans les limites prescrites. La réutilisation des eaux usées (EU) dans l’irrigation ou la recharge artificielle des nappes, constitue une des préoccupations majeures du département de Abdelmalek Sellal. Pas moins de 40 stations d’épuration (Step) sont, ainsi, en cours de réalisation et 20 autres en phase de réhabilitation. Les procédés de lagunage refont peau neuve, notamment avec la projection de 50 stations de lagunage avec une capacité globale de 600 millions de m3/an. En perspective, la réalisation, à l’échéance 2010, de 60 nouvelles Step avec une capacité de 900 millions m3/an dont 600 millions de m3 d’EU annuellement, sera destinée à l’agriculture.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Mohamed ABDELLI
Source : www.lexpressiondz.com