Alger - Revue de Presse

Benbitour analyse la situation socioéconomique du pays



«Il n’y a aucun projet économique à long terme» Constat sévère que celui dressé, hier, par l’ancien chef de Gouvernement, Ahmed Benbitour, au sujet de la situation socioéconomique de notre pays. Il ne lésine pas, en effet, sur les formules pour pointer «le malaise généralisé». Selon lui «l’avenir de la nation est hypothéqué. L’avenir du pays est en danger, les perspectives sont bouchées», a-t-il martelé dans son intervention à la Conférence consacrée à la «politique de développement et perspectives d’évolution du niveau de vie en Algérie», organisée, hier, par la Confédération des cadres de la finance et de la comptabilité, en partenariat avec le SNAPAP. «L’Algérie s’installe dans la trappe de transition permanente et avance inexorablement vers la trappe de misère permanente. Il faut bien se rendre compte qu’il y a une différence entre régner sur un pays et gérer les affaires d’une nation», renchérit-il dans une critique ouverte contre ceux qui ont les leviers de la gestion du pays. Pour lui, il y a deux types de dictature, celle de l’ubuesque Bokassa, qui avait ruiné son pays et celle du Général Park de la Corée du Sud qui a fait faire à son pays un bond, passant de 365 dollars de revenu par habitant à celui de 10.000 dollars. L’ancien chef de Gouvernement fait ce constat selon lequel le pays est riche et son peuple est pauvre. Il dénonce la très forte austérité imposée au peuple au nom de ce qu’il qualifie de «thésaurisation excessive». Pour mesurer l’austérité imposée à la population, on calcule la part de la consommation des ménages dans le PIB, explique Ahmed Benbitour. Autrement dit, pour répondre à la question: «sur 100 DA de richesse produite, combien de dinars ont été affectés à la consommation des ménages?» Pour 100 DA de richesse produite en 2006, seulement 31,6 DA, moins du tiers seulement, sont allés à la consommation des ménages. «C’est une très forte austérité imposée à la population. Bien entendu, en contrepartie de cette austérité, il y a l’épargne importante réalisée», souligne Ahmed Benbitour. En 2006, le taux d’épargne était de 57%. La moyenne des pays à revenu intermédiaire est 23%. Il évoque ces éléments pour aboutir, encore une fois, à la question de savoir «à quoi a servi cette épargne?» Sur 100 DA de richesse produite en 2006, 57 DA ont été épargnés et seulement 29,9 DA ont été investis, partagés entre 22,8 DA d’accumulation brute de fonds fixes. Il s’agit, pour lui, d’un gaspillage de ressources puisque la richesse thésaurisée n’est ni investie ni consommée. Ahmed Benbitour reproche aux responsables en charge des affaires du pays de ne pas faire les réformes structurelles utiles pour passer d’une économie de rente à une économie productrice de plus value. «Autant le faire maintenant que les ressources existent pour financer les plans sociaux plutôt que de tergiverser, avec ce risque de voir le prix du pétrole dégringoler ou les puits se tarir dans quelques années». Benbitour note, comme tout le monde, que notre économie reste articulée à 99% sur la rente pétrolière et un éventuel contre-choc pétrolier serait catastrophique pour notre pays. En fait, il reproche aux gestionnaires d’être velléitaires et de ne pas avoir un projet économique à long terme. H. Senouci
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