Photo :Sahel
Par Mohamed Touileb
A l'approche du grand rendez-vous qu'attendent des milliers de supporteurs du club de la capitale, le rouge est mis. Des oriflammes aux couleurs fétiches du Chabab, omniprésentes, ornent les ruelles de la daïra de Sidi M'hammed. De l'entrée de la place 1er -Mai jusqu'au Ruisseau, du côté de Hassiba Benbouali ou de celui de Mohamed Belouizdad, le rouge et le blanc dominent le décor. Des drapeaux, des banderoles mais aussi des rubans aux deux couleurs du club relient les deux bords des ruelles étroites au nom de Mohamed Belouizdad, un homme qui a vécu moudjahid, mort en martyr et immortalisé en donnant son nom à l'un des meilleurs clubs dans l'histoire du football algérien. La 8e finale de l'histoire du club faisant partie du trident de la capitale Alger. Le Doyen, le MC Alger en l'occurrence, le glorieux USM Alger et le mythique CR Belouizdad avec ses 17 titres. C'est dire que El Assima est habituée à cette ambiance festive quand on sait que les Usmistes totalisent, à eux seuls, 16 finales dont 7 gagnées.
La «furia roja»
Cette fois, c'est à Belcourt qu'échoit l'insigne honneur de représenter la capitale, après la finale gagnée en 2009 face au CA Bordj Bou-Arréridj suite à une épuisante série de tirs au but au stade Moustapha Tchaker de Blida. Les coéquipiers du capitaine Mammeri, qui était
présent lors de cette finale conclue positivement, essayeront de remettre cela à mardi au temple du 5-Juillet où les fans d'El Hamra , comme les Belcourtois, surnomment affectueusement leur équipe, seront sans doute présents en nombre dans les travées de l'enceinte olympique : «On se rendra en masse au stade mardi inch' Allah et la fête sera au rendez-vous. Elle sera totale parce qu'on sait faire la fête», nous a déclaré Mohamed Nazef, un des supporters qui ne manquent jamais l'occasion de se déplacer avec leur équipe de c'ur. Mais au moment où on lui apprend que les deux équipes n'ont bénéficié que de 20 000 places chacune, il rétorqua : «20 000 ' ! C'est trop peu pour une équipe comme le CRB, qui compte beaucoup de supporters. Sans compter ceux qui habitent Belcourt.» En effet, Belcourt est incontestablement le fief du club algérois mais lorsqu'on sillonne les rues de la capitale, on se rend compte, combien ' bien en dehors des frontières de Laâquiba et alentour, fiefs traditionnels ' le rouge déteint sur les autres quartiers avec des drapeaux trônant un peu partout et en des endroits divers, comme à la rue Docteur Saâdane du côté de Didouche-Mourad, à Bir Mourad Raïs, à Aïn Naâdja ou au Confort, sur les hauteurs d'El Madania, l'un des camps des supporters belouizdadis. Partout le même thème, l'ambiance festive pour être dans le tempo, célébrer un rendez-vous sans pareil. Qui n'a rien à envier à celle qui règne dans les rues de Belcourt à l'instar de la rue Cervantes, la Carrière, la rue Causmille (en face la mosquée Larbi Tebessi) ou les quartiers Rouchaï-Boualem et Paul -Doumer surnommé «Sasita». Les couleurs du club portant le nom du martyr sont partout, même les bandes utilisées par Seaal pour définir les périmètres de sécurité servent de décor, le rouge faisant évidemment fureur. Des rouleaux (de 200 m) vendus à 200 DA l'unité que les jeunes accrochent aux deux extrémités des rues. L'opération déco peut prendre du temps, c'est pourquoi les jeunes habitant à Trinké (en face du cimetière de Sidi M'hammed) ont passé pas moins de 3 heures pour décorer leur quartier. «On a terminé la déco à 3h00 du matin», nous confia Nabil Benzineb, un des «maîtres d''uvre improvisés», toujours disponible pour participer à sa manière à ces initiatives entreprises par les amoureux du team drivé par Djamel Menad, qui s'apprête à vivre, quant à lui, sa 1re finale de Coupe d'Algérie de l'autre côté de la barrière. En tant qu'entraîneur. En espérant, on le devine, goûter à l'immense joie d'une victoire
Au c'ur du décor
Envahissant toutes les ruelles, le rouge et le blanc, c'est la tenue de circonstance que les fidèles du Chabab ont fait vêtir à leur ville depuis que les poulains de Menad ont estampillé leurs billets de finalistes. Tout ce qui porte ces deux couleurs se vend. Des casquettes, des châles ou les maillots du club, voire ceux de prestigieuses formations européennes, à l'instar d'Arsenal, Manchester United ou l'Athletic Bilbao se vendent comme des petits pains, la panoplie du parfait support-fêtard coûtant entre 1 500 et 2 000 DA que les jeunes n'hésitent pas à dépenser pour se mettre en mode oulid el hamra comme ils se surnomment. Une petite fortune quand même pour la plupart des ces jeunes au budget très limité. Mais «rien n'est cher quand il s'agit du club de notre c'ur» estime un autre mordu, Lyès Loudani, en réponse à une question tournant autour du coût du drapeau géant qu'il a décidé de confectionner pour l'occasion avec ses amis. Un drapeau (rouge et blanc bien sûr) dont la réalisation revient à pas moins de 40 000 DA entre tissu et peinture utilisés pour les dessins et l'écriture. Une somme que Mohamed Ghennaï a récoltée avec la collaboration de plusieurs personnes qui ont consenti, sans trop d'insistance, à mettre la main à la poche afin de ramasser ce butin. Une fois récupéré, le drapeau vierge, direction la cour d'une école primaire, Tahar-Salem, qui s'est transformée en atelier en cette occasion. Accord sur le dessin et le message qui sera porté sur le fanion. Khaled, un jeune étudiant de 4e année à l'ITFC est au pinceau. Un dessinateur bénévole, amoureux du club bien sûr, commence à étaler sa plume sur le tissu qui se transformera 3 jours plus tard en un véritable chef-d''uvre. Trois à quatre jours, c'est le temps nécessaire pour la finalisation de ces drapeaux qui seront aussi de la partie, dans 2 jours, sous les yeux attentifs du président de la République, M. Abdelazizi Bouteflika et ses hôtes du jour, le président de la Fifa, Sepp Blatter, et Aïssa Hayatou, président de l'instance africaine du football (CAF). Un match qui tient à c'ur les inconditionnels du Chabab qui espèrent dans un premier temps que leur équipe sera créditée d'une bonne prestation : «Une finale se gagne. Le match perdu face à Sétif lors de la phase aller est le match référence», nous confie Mohamed Chetouane avant d'ajouter : «Si on joue ainsi, de cette manière mais avec plus de réalisme, on remportera la finale.» Un optimisme qu'on a pu ressentir chez la majorité des supporters qui savent malgré tout que la mission face au septuple vainqueur de Dame Coupe ne sera pas des plus minces : «L'ESS est un spécialiste de la compétition, c'est du 50-50. N'empêche que la coupe s'y plairait pas mal à Belcourt», nous déclare, sur un air candide mais sûr de la bonne étoile de son équipe préférée, un vieux fan des Rouge et Blanc qui rêve de nouvelles conquêtes. En attendant le jour J, le 12e homme de l'équipe belouizdadie poursuit ses préparatifs qui atteindront d'autres sommets la veille du match. Surtout que les coéquipiers de l'attaquant Slimani, sur lequel reposent les espoirs des Reds, sont toujours en lice pour un historique doublé ('''). Dans tous les cas, les vainqueurs de 2009, et avant en 1995 dans un stade du 5-Juillet archicomble comptent bien rééditer l'exploit. Belcourt s'est faite belle et ses habitants ne sont pas à «court» de rêves. A leur équipe de ne pas les décevoir. Les faire rêver.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M T
Source : www.latribune-online.com