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Bataille rangée à Hammadi



Bataille rangée à Hammadi
Un calme précaire régnait, hier, à la cité Benhamza II, à Hammadi. Les habitants, au même titre que les riverains, sont sous le choc. Un impressionnant dispositif de sécurité est déployé pour maintenir l'ordre et éviter une nouvelle flambée de violence dans le quartier.La paisible localité de Hammadi, au sud-est d'Alger, a été, dans la nuit de jeudi à vendredi, le théâtre de violents affrontements. Le bilan est lourd : près de 20 blessés (tous en fuite), 3 véhicules incendiés, 3 autres voitures totalement saccagées, arrestation de 27 individus impliqués, saisie d'une trentaine d'armes blanches, d'un PA de type Reck(de fabrication allemande, en cours d'expertise), de haches et de trois pitbulls ayant servi dans cette bataille rangée dans laquelle plus de 100 antagonistes étaient impliqués. Que s'est-il passé et comment ces habitants sont-ils arrivés à commettre de telles violences 'Tout a commencé, selon des témoignages de riverains, par un différend entre deux personnes pour une banale histoire de stationnement. La tension monte mais on en restera, dans un premier temps, à quelques éclats de voix, l'intervention de voisins ayant vite mis fin à "l'accrochage". Mais ce n'était que partie remise, puisque les deux belligérants reprendront les hostilités quelques heures plus tard. En effet, aux environs de minuit, ils sont de nouveau face-à-face. Nouvel accrochage. Il n'en a fallu pas plus pour qu'une bagarre générale s'ensuive. Car, entre-temps, des renforts ont été appelés. Les heurts ont à peine commencé qu'un groupe de jeunes, appelés à la rescousse, s'emmêlent pour s'accaparer des aires de stationnement. Des altercations verbales s'ensuivent alors, allant de l'insulte jusqu'au propos obscènes. Un groupe de jeunes venus de Bab El-oued, d'Alger-Centre et de Bir Mourad Raïs arrive sur les lieux pour opérer une "expédition punitive" dans ladite cité. Au même moment, des habitants alertent sur le 10-55 la Gendarmerie nationale de Boumerdès. Malgré l'intervention musclée des unités spéciales de la GN, en l'occurrence les Sections de sécurité et d'intervention, et d'un escadron chargé de rétablir l'ordre, les jeunes du quartier, excités par la présence de "personnes étrangères à la cité", organisent la défense de "leur territoire" et se livrent à une bataille violente. On use de part et d'autre, nous dit-on, de couteaux, de sabres, de gourdins, de chaînes en acier, de serre-joints, de fumigènes de type "Signal", de barres de fer et de chiens. L'un des meneurs, originaire de Bir-Mourad-Raïs, a même dégainé son pistolet automatique, sans toutefois en faire usage. Selon le commandant de groupement de Boumerdès, le colonel Fayçal Ouksal, les jeunes ont résisté à l'intervention des gendarmes en lâchant leurs pitbulls.À la faveur de l'obscurité, des factions de jeunes débarquent et s'ajoutent au décor déjà insoutenable. "Il aura fallu près d'une heure de heurts avant que les gendarmes ne parviennent à mettre fin à cette bataille rangée. Nous sommes choqués par ce qui se passe dans notre cité, aux portes d'Alger. Nos jeunes s'entretuent pour un rien !", regrette une dame, originaire de Khemis El-Khechna. Et d'ajouter : "Ils n'avaient pas peur des gendarmes, ils étaient tous armés ! On espère un retour au calme dans notre cité et que les parents prennent leurs responsabilités." Un sexagénaire, employé dans une entreprise privée à Boumerdès, témoigne : "Ce quartier a toujours été paisible. C'est la première fois qu'on parle de la violence à la cité Benhamza II. À mon sens, il y aurait des intérêts financiers et les jeunes commencent à se disputer les espaces de stationnement. Il faut que la justice sévisse, sinon, nous allons sombrer dans la violence en continu." Selon l'enquête préliminaire de la GN, parmi les auteurs arrêtés figurent un mineur, lycéen de son état, 4 étudiants, un stagiaire, un bijoutier et des commerçants connus sur la place d'Alger. Ces derniers, au moment des violences, auraient tenté d'agresser un gendarme, aidés en cela par un chien berger, lequel sera abattu par les gendarmes, intervenus en force pour maîtriser la situation. "L'enquête va se poursuivre jusqu'à ce que la lumière soit faite sur cette affaire qui aurait pu tourner au massacre et provoquer des pertes en vies humaines", indique encore M. Ouksal, qui révèle, par ailleurs, que les perquisitions opérées dans les domiciles des mis en cause ont abouti à la saisie d'autres armes blanches et à l'arrestation des individus qui ont battu en retraite. Selon la même source, les 27 mis en cause seront présentés, ce matin, devant le procureur de la République près le tribunal de Rouiba pour association de malfaiteurs, destruction de biens d'autrui, incendie volontaire, port d'armes blanches et d'armes à feu et trouble à l'ordre public.Des violences similaires, opposant des bandes de jeunes, sont devenues récurrentes dans certaines grandes villes du pays, notamment dans certains quartiers d'Alger. Le contrôle, voire l'appropriation de l'espace public pour en faire des parkings sauvages, et néanmoins payants, ainsi que l'absence des autorités, sont souvent à l'origine de ces batailles rangées.FARID BELGACEM


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