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Baisse de l'investissement productif Banques ou entreprises, à qui la faute '



Baisse de l'investissement productif                                    Banques ou entreprises, à qui la faute '
Les causes de la faiblesse de l'investissement productif ne sont sans doute à rechercher ni du côté des entreprises ni de celui des banques, mais plutôt dans un réseau de contraintes complexes dont la levée nécessite la mise en 'uvre d'une politique vigoureuse d'encouragement systématique de l'investissement.
Pour le président d'honneur du Forum des chefs d'entreprise (FCE), Omar Ramdane, il faut laisser le privé intervenir dans le secteur des finances. L'inexistence de banques privées nationales est une 'anomalie", a-t-il affirmé, lors de l'ouverture des Journées de l'entreprise, organisées lundi à Alger. C'est également le point de vue de Réda Hamiani, qui a plaidé pour l'implication du capital privé national dans le secteur financier et bancaire, appelant les pouvoirs publics à dépasser l'échec essuyé après les premières expériences qui n'ont pas été concluantes. 'Il s'agit là d'un obstacle à surmonter nécessairement pour pouvoir jeter les bases d'une économie algérienne nouvelle, plus compétitive et nettement moins dépendante de la rente des hydrocarbures", a estimé le patron du FCE, organisateur de cette rencontre.
Un Etat riche et des entreprises pauvres
Au-delà de cette position traditionnelle de l'organisation patronale, les participants à la journée du 15 octobre ont vu plus largement s'affronter deux thèses. La première met en exergue la responsabilité du secteur financier algérien dans la faiblesse de la croissance, la réduction de la part de l'industrie et les difficultés rencontrées par les investisseurs nationaux.
A l'appui de cette thèse, les interventions nombreuses et convergentes au sein d'une assistance composée d'un grand nombre de chefs d'entreprise, ainsi que la communication très détaillée de l'économiste Youcef Benabdellah, qui relève à propos de l'économie algérienne une contrainte 'macro lâche et micro dure" ou encore 'un Etat riche et des entreprises pauvres". Evoquant l'expérience asiatique, Youcef Benabdellah tente de montrer que le système financier a joué dans les pays émergents un rôle fondamental dans le développement des entreprises, Le crédit accordé au secteur privé en Algérie représente 14% du PIB national, alors que ce ratio est deux fois supérieur dans les pays de la région Mena, souligne l'universitaire algérien, qui précise toutefois que les crédits accordés aux entreprises privées sont en nette augmentation au cours des dernières années.
L'investisseur, une denrée rare '
La thèse inverse a été illustrée par l'exposé très rigoureux du nouveau délégué général de l'ABEF, Abderrezak Trabelsi. 'Le secteur privé ne subit pas d'effet d'éviction", affirme-t-il en substance. En témoigne un paysage institutionnel de plus en plus diversifié, une offre de crédit de plus en plus abondante et la part des crédits destinés au secteur privé qui dépasse largement, depuis quelques années, celle des crédits accordés au public.
Un point de vue partagé par le PDG de HSBC Algérie, Rachid Sekak, qui voit dans le nombre réduit de projets bancables la cause principale de la faiblesse de l'investissement productif non étatique.
Le banquier privé affirme ne recevoir que 'très peu de demandes de crédit en dehors du refinancement des opérations du commerce extérieur ou du financement du besoin de fonds de roulement".
Il ajoute que dans l'économie algérienne des dernières années 'l'investisseur est une denrée de plus en plus rare", précisant que les opérateurs sont en outre 'profondément marqués par la culture de la garantie et pas par celle de la démonstration de la qualité du projet à financer".
H. H.
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