
Le président du front El Mostaqbal, Abdelaziz Belaà'd, renvoie dos à dos le pouvoir et l'opposition, dans toutes ses composantes, et dénonce ce qu'il appelle «l'allégeance aux hommes et non pas aux institutions». Estimant que tout s'explique par une guerre de succession qui ne dit pas son nom, Bélaà'd met en garde contre l'affaiblissement des institutions, notamment l'armée. C'était à l'occasion de l'ouverture des travaux du conseil national de son parti, hier, au Centre des artistes à Zeralda.Kamel Amarni - Alger (Le Soir) - Evitant soigneusement de nommer les protagonistes, le président d'El Mostaqbal n'en reste pas moins assez clair dans ses allusions. «De nos jours, les allégeances se font aux hommes et non pas aux institutions.Et c'est cette même allégeance qui fait que certains se rabaissent, baissent la tête pour un poste ou pour le pain.» Plus explicite, il ajoute : «Certains nous appellent à rejoindre un front d'allégeance et de soutien au président de la République. En a-t-il besoin ' D'autres, en revanche, nous invitent à nous y opposer. Mais s'opposer à quoi ' Tout le monde le sait, l'enjeu, pour les uns et les autres, reste le pouvoir. Tout le monde s'inscrit dans l'après-Bouteflika.Or, dans tous les pays du monde, il y a toujours des leaders, des têtes qui émergent avant les élections. Mais chez nous, la situation est des plus floues.»Evitant également d'aborder, dans le détail, l'affaire de la lettre du général Toufik et son objet, l'affaire du général Hassan, mais aussi cette affaire dans son ensemble, Abdelaziz Bélaà'd se suffira de mettre en garde. «Les tiraillements et les querelles de personnes ou de partis ne doivent en aucun cas impliquer l'institution militaire. Il faut préserver cette institution qui est la colonne vertébrale de l'Etat.»Ce sera également en des termes allusifs que Bélaà'd dénoncera la violente campagne contre le général Toufik que mène le cercle présidentiel : «Il faut respecter nos anciens responsables. Davantage quand ils ne sont plus aux affaires. Moi, j'estime qu'il faut interpeller les hauts responsables mais pendant qu'ils sont encore aux affaires.» Puis, un peu plus loin, il ajoutera : «Tout comme il nous faut rendre hommage aux héros de la Révolution, nous n'avons pas le droit d'oublier ces hommes qui, durant la décennie 90 étaient là à résister face au terrorisme. C'est grâce à eux que l'Algérie est restée debout alors que d'autres ont préféré, pendant ce temps, fuir à l'étranger.»Autre sujet brûlant abordé par Bélaà'd, dans son long discours, la révision de laConstitution : «Franchement, ce dossier commence à nous fatiguer ! Depuis le temps qu'ils nous en parlent et on en est toujours au stade des manœuvres en coulisses. On nous a même invités à des consultations et voilà que tout est réduit à une affaire qu'on règle à huis clos entre une poignée de personnes. C'est anti-démocratique.» Cela dit, il plaide pour une révision qui prenne en compte une vraie séparation des pouvoirs.«L'on ne peut parler d'une révision sérieuse de la Constitution sans y intégrer l'institution d'une instance indépendante et élue qui sera chargée de l'organisation de l'ensemble des élections, de la présidentielle aux locales. Sans également un conseil de la magistrature constitué de magistrat élus et non désignés.»Deux dispositions clés, effectivement que Bouteflika ne concédera bien sûr, jamais !
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : K A
Source : www.lesoirdalgerie.com