Les pouvoirs publics ne parviennent pas à freiner la tendance haussière des importations de biens. Pour encourager la production nationale, l'UGTA préconise un recours aux autorisations d'importation.Tarek Hafid - Alger (Le Soir)
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : comparativement à l'année dernière, les importations de biens ont augmenté de 14% durant les huit premiers mois de l'année.
Une ardoise estimée à 36,81 milliards de dollars pour cette période selon le Centre national de l'informatique et des statistiques de la Direction des Douanes algériennes. Et pour compliquer les choses, les exportations algériennes ont connu une baisse de 6,25% de janvier à août. Résultat : l'excédent commercial a connu un recul de 46%.
Concrètement, les Algériens ont tendance à consommer de plus en plus de produits étrangers et à délaisser ceux fabriqués localement. Une situation due à trois facteurs essentiels : la qualité, le coût et la disponibilité des biens produits en Algérie.
Pour l'Union générale des travailleurs algériens, l'Etat doit impérativement prendre des mesures pour booster la production nationale. Ce dossier est d'ailleurs inscrit à l'ordre du jour de la tripartite qui aura lieu le 10 octobre.
«La réhabilitation et la relance de l'industrie nationale (publique et privée), la mise en route de la machine de la production nationale et lancer l'opération de consommer produit national», a précisé, lundi, le secrétaire général de l'UGTA lors d'une rencontre avec les secrétaires généraux des fédérations.
Parmi les mesures préconisées par Abdelmadjid Sidi-Saïd, le recours aux «autorisations d'importation» afin de «freiner» le phénomène. Sur papier, cette solution pourrait s'avérer efficace puisque les opérateurs économiques ne pourront importer de biens produits localement. Mais des problèmes risquent d'apparaître lors de son application.
En effet, l'administration chargée de délivrer ce sésame aura-t-elle les moyens pour garantir que des produits algériens sont «aux normes», en termes de prix et de qualité ' Est-ce qu'une telle disposition est-elle conforme aux principes régissant les échanges commerciaux de l'OMC '
Les modalités de délivrance ne risquent-elles pas de provoquer un phénomène de corruption ' Ces questions devront être étudiées avant une mise en application.
Ce projet d'autorisation d'importation pourrait être au centre d'un conflit entre la Centrale syndicale et les organisations patronales. Il ne faut pas perdre de vue le fait que les entreprises produisent mais aussi consomment.
Tous les regards seront donc tournés vers le gouvernement qui aura à jouer un rèle d'arbitre. Pas seulement. Les mesures d'encouragement en faveur de la production nationale peuvent être appliquées par les institutions de l'Etat.
Il y a quelques années, Yazid Zerhouni, alors ministre de l'Intérieur, avait donné instruction aux collectivités locales de s'équiper en véhicules lourds auprès de la Sonacome. Une politique qui avait permis à l'entreprise algérienne d'augmenter sensiblement son carnet de commandes. Mais il semble que cette procédure ait été abandonnée depuis.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : T H
Source : www.lesoirdalgerie.com