La hausse des prix mine la coalition
«Quand le gouvernement injecte des milliers de dollars dans le secteur de l’agriculture et que la pomme de terre se vend à des prix exorbitants, on a le droit de critiquer.» C’est là la réplique de Bouguerra Soltani à Abdelaziz Belkhadem.
Ainsi, chaque jour qui passe nous apporte un peu plus la preuve que la coalition gouvernementale n’est qu’un leurre... En effet, le dernier échange d’amabilités entre ses trois leaders, sur fond de hausse des prix que subissent les citoyens depuis quelque temps déjà, montre qu’elle est au bout de l’éclatement. Hier, c’était le chef du MSP qui portait un autre coup en répliquant sèchement à Belkhadem qui avait qualifié d’»immorales» ses critiques sur l’action du gouvernement et son incapacité à juguler la flambée des prix. «Nous ne sommes plus à l’époque du parti unique», réplique Bouguerra qui revendique ainsi son droit à la liberté de parole, même s’il est lui-même dans l’Exécutif. Une liberté de parole qui n’est pas, selon lui, antinomique avec le principe de solidarité gouvernementale. «Je suis solidaire avec le gouvernement mais j’ai le droit à la critique; quand ça ne va pas, il faut dire que cela ne va pas», dit-il dans une allusion à la situation actuelle du marché. «Des milliers de dollars sont investis dans le secteur de l’agriculture, par conséquent ce n’est pas normal de trouver de la pomme de terre à des prix exorbitants», tiendra-t-il à ajouter. Pour tempérer ses critiques, Bouguerra admet que ce n’est pas seulement le gouvernement qui est responsable de la situation. Selon lui, «le peuple algérien est aussi désorganisé que le marché». Il s’en prend également aux associations «qui ne font pas leur travail». Le patron du MSP déplore aussi la marginalisation des partis de l’opposition. Mais il ne dit pas par qui.
Après avoir soldé ses comptes avec Belkhadem, le chef du MSP évoque les futurs projets sur lesquels les députés plancheront lors de la session d’automne qui s’est ouverte hier. Le premier, c’est le nouveau code communal. A ce sujet, le parti islamiste revendique plus de prérogatives pour les élus locaux. Il demande aussi un budget de développement pour les communes au lieu d’un simple budget de fonctionnement. Concernant le projet de loi sur la fonction publique, Bouguerra y adhère pleinement et va plus loin en rejetant d’emblée tout retard dans son application. Petite pique pour Belkhadem qui avait laissé entendre que l’application, à cause des statuts particuliers, pouvait attendre jusqu’à fin 2008.
Force est de remarquer, cependant, que les critiques de Bouguerra interviennent curieusement après celles de Ahmed Ouyahia, la veille. Ce dernier, devant ses parlementaires, n’a pas été particulièrement tendre avec Belkhadem, même s’il avait mis des gants pour exprimer ses observations. C’est dire que la coalition est en train de prendre eau de toutes parts. Question: survivra-t-elle à cette crise de solidarité?
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com