La taxe antidumping imposée aux engrais produits en Algérie était, aux
yeux d'Alger, une illustration parfaite des mesures discriminatoires, mises en
place par l'Europe, face aux entreprises algériennes.
La décision avait été prise en 2009, l'Union européenne a mis trois ans
pour la rendre exécutoire en la publiant au Journal Officiel.
L'Union européenne a
officiellement levé la taxe antidumping imposée sur les exportations d'engrais
de plusieurs pays gaziers, dont l'Algérie, a rapporté, hier, l'agence APS, en
citant une source proche du dossier. C'est pour l'entreprise Fertial – mais aussi pour Sorfert
dont le complexe devrait commencer ses activités dans les prochains jours ou semaines-une grande nouvelle. Les produits de l'entreprise algéro-espagnole Fertial (Asmidal 34% et Villar Mir 6%
d'actions) étaient soumis à une taxe de 13%, au motif que le prix du gaz était
subventionné, chose contestée avec vigueur par l'Algérie. Ce sont en fait les
producteurs de fertilisants européens qui ont fait barrage en affirmant que le
prix du gaz était subventionné en Algérie et qu'ils subissaient une concurrence
déloyale. La taxe contre les produits de la société algéro-espagnole
Fertial est devenue, pour Alger, une parfaite
illustration d'un « traitement discriminatoire » subi par les entreprises
algériennes qui cherchent à pénétrer le marché européen. Elle a alimenté les
critiques contre un accord d'association Algérie-UE
jugé à sens unique. En toile de fond à ces mesures «antidumping », la demande
répétée d'une révision du prix domestique du gaz. L'Algérie a entamé, en 2007, des
négociations avec l'UE pour la levée de cette taxe sur les engrais de Fertial et elle est parvenue à un accord en 2009… Mais sans
que cela n'entre en application.
DJAABOUB A ATTENDU… EN VAIN
La décision de lever la taxe antidumping a bien été prise en 2009 mais
l'Union européenne a tergiversé et a gagné encore près de trois ans. C'est
désormais fait. «L'avis de l'expiration de cette mesure antidumping, qui
prenait effet à partir du 22 décembre 2011, a été enfin publié, fin décembre passé, dans
le Journal Officiel de l'UE» a indiqué la source algérienne. En octobre 2009, l'ancien
ministre du Commerce El Hachemi Djaâboub
avait annoncé qu'un accord sur le prix du gaz avait été conclu avec l'Union
européenne et attendait d'être officialisé. La partie algérienne - le ministère
de l'Energie - avait fourni à la partie européenne des explications sur la
composition du prix du gaz et a démontré «que le prix du gaz (pratiqué en
Algérie) couvre les frais de l'exploration, l'extraction, le transport, le
stockage et dégage une marge bénéficiaire suffisante pour le réinvestissement».
Ces explications, avait indiqué M. Djaâboub, démontrent
«qu'il n'y a pas de soutien de la part de l'Etat au prix du gaz, ni de
subvention déguisée de l'Etat à la société Fertial». Il
avait déploré que «l'UE ait pris la décision d'imposition de la taxe
antidumping, d'une façon unilatérale». «Nous avions eu à l'entendre deux fois
de la bouche des responsables européens que l'UE a bien compris le décret
fourni par l'Algérie et qu'elle adhère à la démarche de l'Algérie et qu'elle
est d'accord sur ce double prix du gaz… Nous sommes toujours en attente de recevoir un
écrit officiel sur cette position», avait ajouté Djaâboub.
Il a fallu attendre près de trois ans !
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Salem Ferdi
Source : www.lequotidien-oran.com