Alger - Revue de Presse

Appel du mouvement «Les Amis de la Démocratie et des Libertés pour la Défense de la Constitution»



«Non au viol de la constitution» Un mouvement qui se fait appeler «Les Amis de la Démocratie et des Libertés pour la Défense de la Constitution (ADLDC)» vient de lancer un appel à l’ensemble des Algériens et Algériennes à travers les principaux leaders de partis politiques, les organisations syndicales et patronales et les personnalités nationales... «Il va de votre honneur de dire non au viol de la constitution qui se prépare par ceux-là mêmes qui ont confisqué les libertés et réduit le peuple à la misère totale», lit-on dans l’appel rédigé par un panel de personnalités de différents secteurs et divers bords politiques. L’appel en question a reçu pour l’instant l’adhésion d’une centaine de signatures émanant de personnalités nationales, de partis politiques, d’anciens moudjahidine issus des wilayas historiques I, II et III et de syndicalistes autonomes. Le document fait montre d’une critique virulente envers les tenants de la décision. «Non satisfaits des innombrables coups de force ayant terni l’image de l’Algérie indépendante, voilà que l’ivresse du pouvoir, après avoir définitivement tourné le dos aux promesses faites au peuple, les pousse aujourd’hui à préparer un ultime coup de force contre la constitution et la légitimité constitutionnelle», lit-on encore dans le document. Les rédacteurs de cet appel ajoutent que «le pays n’a jamais été menacé dans son existence, depuis l’indépendance, comme il l’est aujourd’hui du fait d’un système corrompu, clientéliste et figé dans son inertie». Devant ce contexte grave, appelant à la fédération de toutes les forces patriotiques de la nation, «sans distinction aucune, d’ordre partisan, politique, idéologique ou régionaliste», le texte égratigne le système paternaliste qui n’a pas trouvé mieux que de «préparer en catimini un coup de force contre une constitution qui, malgré ses imperfections, a été confectionnée dans la douleur et un bain de sang. Comme si le pouvoir actuel ne tient pas compte de cette constitution, violée à plusieurs reprises». Les initiateurs de cet appel font remarquer que cette constitution, venue colmater les faiblesses de celle de 1989 et prévenir des menaces de dérives que les élections avortées de 1992 ont relevées, «est en phase d’être souillée, vidée de sa substance démocratique et dans ce qu’elle consacre en matière des libertés individuelles et collectives et des acquis démocratiques et surtout l’article 74 qui limite le mandat présidentiel à deux, garantissant de fait l’alternance au pouvoir». Enfin, et tout en appelant les Algériens «à dire non à ceux qui veulent (les) enterrer», les rédacteurs du document prennent à témoin la population: «Vous assistez, aujourd’hui, à des velléités de viol contre la loi fondatrice de la République, sous la coupole d’un Parlement minoritaire, où toute forme de plébiscite, par des urnes qui demeurent inexorablement opaques, sous les restrictions des libertés édictées par l’Etat d’urgence, en commençant par l’interdiction de nouvelles formations politiques dès 1999 et en terminant par la déstabilisation de tout parti politique refusant de devenir un comité de soutien». En conclusion, l’appel rappelle le triste souvenir du régime personnel de Messali Hadj qui avait conduit le père du nationalisme algérien à «affronter ses propres cadres du PPA, résultat d’un exercice de pouvoir antidémocratique». Selon les rédacteurs de cet appel, le pouvoir actuel n’a pas encore compris que, de la charte de Tripoli à aujourd’hui, la nation algérienne «ne cherche que la stabilité, dans le cadre d’un système démocratique, rêvé par les chouhada, consacrant la séparation du pouvoir, la seule condition pour lutter contre le terrorisme, la corruption et le clientélisme». Une pétition nationale a été déjà lancée en vue de parvenir à la collecte d’un million de signatures. Saïd Farhi
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