Alger - Revue de Presse

Analyse du Jeudi



Madani Mezrag fait chou blanc A la veille, le mois prochain, du dixième anniversaire de la décision de l’ex-AIS de se mettre en «trêve» et de renoncer à son aveuglement qui s’est traduit par un terrorisme sanglant, présenté comme un «djihad dans la voie de Dieu», Madani Mezrag va-t-il enfin prendre l’autre décision qu’il tarde à envisager, celle de se faire oublier une fois pour toutes? N’importe qui, à sa place, pour peu qu’il ait un minimum de bon sens, devait marcher sur la pointe des pieds en évitant de faire la moindre vague, afin de laisser aux blessures des Algériens le temps de se refermer.Après une mise en veille apparente depuis la fin de l’été dernier où il s’est agité sur fond de tournée «prospective» de Rabah Kébir qui avait rompu momentanément son «exil» allemand, il a exploité la tentative d’assassinat, le 14 juillet dernier, d’un ancien chef terroriste, Mustapha Kertali, par ses frères ennemis de l’ex-GSPC, pour reprendre son agitation. Sous prétexte d’appartenance, tout comme ce dernier, au même parti intégriste dissous par la justice et du fait que la «trêve» les a réunis et rapprochés entre 1997 et la dissolution de leurs organisations terroristes respectives en 2001, Madani Mezrag a profité de la mobilisation des médias autour de cet attentat dont a été victime celui qui n’a jamais été le responsable de l’AIS pour le Centre du pays comme voudraient le faire passer certains. Bien que ni lui-même ni même Mezrag n’aient cru utile de rétablir la vérité en précisant que l’AIS, si elle a compté quelques groupes terroristes dans l’Algérois, n’a, par contre, jamais eu un responsable régional pour cette partie du pays. Sinon, comment expliquer que le «communiqué commun» de l’AIS pour se démarquer de l’»unification» entre le FIS version djaz’ara et le GIA en 1994 n’a été signé que par l’AIS de l’Est et l’Ouest et pas par celle du Centre. La vérité est qu’à cette époque, Kertali avait intégré le GIA avec sa katibat Er-Rahmane jusqu’à sa dissidence en juillet 1996 où il a décidé de ‘s’autonomiser’ en créant sa propre organisation, le Mouvement islamique pour la prédication et le djihad (MIPD) à travers lequel, déjà dans son communiqué constitutif, il a vilipendé vertement l’AIS. L’attentat raté contre Kertali a été ignoble comme le sont tous les actes terroristes. Mais Madani Mezrag y a trouvé une occasion, une de trop, pour revenir, au mépris de la loi, à son fantasme de se remettre en selle sur une «ligue dissoute» et dévoiler que des conclaves avaient lieu dans la perspective de la création d’un parti politique regroupant les anciens terroristes. Tout en chantant des louanges en faveur de la «réconciliation». Celle-là même dont les dispositions juridiques interdisent à tous ceux qui, comme lui, ont fait couler le sang des Algériens sous un prétexte «religieux», d’aspirer légalement à une tribune politique. Et comme s’il cherchait à prouver qu’il est en total décalage avec la réalité et que ses prétentions ne valent pas un trognon de chou, il n’a pas hésité d’appeler les terroristes de l’ex-GSPC encore actifs à déposer les armes, sachant parfaitement qu’il n’a pas la moindre once d’illusion qu’il pourrait être entendu par ceux qui ont brocardé d’éminents oulémas et les mains tendues en leur direction par l’Algérie entière, à travers les différents référendums pour la «paix». La réaction de l’ex-GSPC ne s’est pas fait attendre comme il se doit. Cette organisation, alors qu’elle n’était pas encore officiellement née (avril 1998), l’a totalement méprisé à travers un communiqué de son futur fondateur, Hassan Hattab, qui a assimilé sa «trêve» à un acte de «traîtrise». Depuis bientôt dix ans, et après quatre «émirs» qui se sont succédé à sa tête, elle n’a pas changé d’un iota son opinion à son sujet comme elle l’a montré dans son dernier communiqué en réponse à son appel. Cela devait lui faire prendre conscience que le mieux pour lui serait de comprendre enfin que le mauvais train qu’il avait pris un jour est arrivé depuis longtemps à sa dernière gare. Si dans une conjoncture historique précise, il s’est imposé par le sang en faisant subir avec les siens des affres indélébiles aux Algériens et à la Patrie, l’Histoire devait nécessairement finir par reprendre progressivement ses droits dont le jugement est sans appel. Et sur ce plan, la clarification d’avant-hier, encore une, du ministre de l’Intérieur, sur une chimérique constitution légale d’un parti politique par Mezrag et les siens, a tout son mérite. Et son sens est d’autant plus lourd qu’elle a été faite dans le milieu d’origine, à Jijel qui se souviendra à jamais, sans doute plus que tout autre région, de ce que fut l’AIS et son «émir».
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