Chaque été que Dieu fait, nos émigrés souffrent le martyre quand ils veulent rejoindre le pays. Il n'est pas rare de voir des scènes d'hystérie, notamment à Orly-sud, d'hommes et de femmes qui se sont préparés durant plusieurs mois pour retrouver l'Algérie mais qui se voient refuser l'accès aux avions faute de places. C'est une période qui déstabilise les responsables de la compagnie Air Algérie, qui n'a pas la flotte nécessaire pour faire face à un brusque afflux de passagers. Les pouvoirs publics traînent la patte pour délier les cordons de la bourse. On aurait compris cet immobilisme dans les années 1990 quand les caisses de l'Etat étaient vides. Mais pas aujourd'hui, alors qu'on annonce régulièrement aux citoyens l'augmentation faramineuse des réserves de change.Mais là où le bât blesse, c'est lorsqu'on voit la société pétrolière Sonatrach se lancer dans le transport aérien au moment où le pavillon national se débat dans des problèmes de trésorerie.Elle a créé Tassili Airlines alors que sa vocation n'est pas de s'investir dans une compagnie aérienne, comme elle l'a d'ailleurs fait, bizarrement, dans le dessalement de l'eau pendant qu'une société comme Sonelgaz, dépendant pourtant du ministère de l'Energie, a été empêchée de se développer au début des années 2000 sur instruction du ministre Chakib Khelil, lequel voulait laisser la place aux investisseurs étrangers... qui ne sont jamais venus.La même Tassili Airlines vient de signer un contrat avec Boeing pour l'acquisition de 4 aéronefs. Pourtant l'Association internationale pour le transport aérien (IATA) lui avait retiré quelque temps auparavant l'autorisation de voler parce qu'elle ne remplissait pas les conditions légales en matière de sécurité aérienne. Est-ce à dire que ces avions resteront cloués au sol après leur livraison ' Est-ce à dire que ce contrat fera seulement le bonheur de Boeing ' Une autre remarque s'impose d'elle-même : depuis quand une entreprise publique se crée-t-elle pour concurrencer une autre entreprise publique alors qu'elle a d'autres chats à fouetter 'Sans parler qu'elle s'est mise à se mêler de dessalement d'eau. On a l'impression d'être dans une situation qui sert des intérêts occultes et pas ceux de l'Algérie. Malheureusement, plus rien n'étonne dans ce pays où la bonne gouvernance s'estompe progressivement des m'urs pour laisser la place à une république bananière.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Tayeb Belghiche
Source : www.elwatan.com