Alger - Revue de Presse

Une main seule ne peut applaudir



On peut le dire comme ça, l'humide chaleur d'Alger n'a pas réussi à assécher la froideur de la capitale. Tous les musiciens africains qui sont passés au festival se plaignent d'une chose, en dehors du manque alarmant d'organisation ; un public tiède, peu réceptif, qui va aux concerts comme on va à un mariage dans une salle des fêtes, au parc zoologique ou d'attractions. Tout le monde l'aura remarqué, le public algérois n'applaudit que du bout des doigts, mouille à peine sa chemise et tous les chanteurs qui ont essayé de le faire chanter n'ont récolté que des visages impassibles qui ne chantent pas. Même Youssou N'dour, qui a gardé en mémoire lors d'un (très) ancien passage les youyous et lawlawis des Algéroises, a été surpris que pas une femme n'a su ou osé lancer ces fameux cris de joie si féminins qui l'avaient marqué.Est-ce de la lassitude ' Du refus ' De la retenue ou une façon de se démarquer ' Est-ce la sombre période passée qui a limé la joie et interdit sous des couverts religieux ces manifestations vocales de joie ' On ne le sait pas vraiment mais on sait que les youyous, de joie ou de deuil, rare marque de fabrique locale, sont en passe de disparaître définitivement. Un sociologue mélomane a fait cette remarque : si c'était payant, le public aurait peut-être pensé à amortir sa sortie en transpirant, dansant et criant. Or, c'est gratuit et les 80 ou 90 millions d'euros posés sur la table ont fait jaser tout le monde, créé de l'hésitation, un citoyen comptable ayant même calculé l'équivalent en logements construits de l'argent mis dans le Panaf'. La bonne attitude ' Aller aux concerts mais ne pas en faire trop. Apprécier la musique mais ne pas applaudir. Au même moment, le frère de Fidel Castro est à Alger pour rencontrer le frère de Saïd Bouteflika. Il n'y a bien sûr aucun rapport avec le propos développé ici. Aucun des deux n'est Africain.
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