Pari réussi pour les résidents. Ils étaient plusieurs centaines à se rassembler hier à l'intérieur du CHU Mustapha. En dépit d'un déploiement sécuritaire inédit, pas de heurts entre policiers et médecins internes. Les représentants des médecins résidents dénoncent, cependant, les tentatives d'empêcher les médecins de rejoindre le lieu du rassemblement. Ce dernier intervient à la veille de la seconde réunion du Comité de suivi des revendications des résidents. Le ministère de la Santé a ordonné des ponctions sur les salaires des grévistes.Nawal Imès - Alger (Le Soir) - Plusieurs centaines de résidents venus de différentes wilayas se sont rassemblés hier à l'intérieur du CHU Mustapha-Pacha à l'appel du Comité autonome des médecins autonomes (Camra).
Dès les premières heures de la journée, les forces de l'ordre ont quadrillé tous les alentours du CHU. Des centaines d'agents anti-émeutes étaient postés aux différentes entrées de l'hôpital, filtrant les accès.
Pour éviter tout contact direct entre forces de l'ordre et résidents, des balises avaient été installées à quelques mètres des portails, évitant ainsi que les contestataires ne les franchissent.
Les éléments des forces de l'ordre, visiblement instruits pour ne pas rééditer le scénario du 3 janvier dernier, sont restés en retrait durant tout le temps qu'aura duré le rassemblement.
De leur côté, les résidents n'ont, à aucun moment, tenté d'occuper la rue. Dès neuf heures du matin, des centaines de résidents en blouse blanche ont afflué vers le CHU Mustapha. Munis de porte-voix et de banderoles, ils ont fait le tour du CHU plusieurs fois s'arrêtant à chaque fois devant un service et criant leur colère. «Dites aux citoyens que nous n'avons pas les moyens», criaient-ils à l'unisson tandis que d'autres entonnaient «marre du service civil». Portant des banderoles sur lesquelles étaient inscrites leurs principales revendications, les médecins résidents n'ont cessé de crier leur colère face aux conditions dans lesquelles ils exercent et leur mécontentement face à l'attitude de leur tutelle.
Le Camra affirme que plusieurs médecins résidents avaient été empêchés de rejoindre Alger-Centre. Des résidents venant de Annaba ont été obligés de descendre du train par des éléments de la police. En dépit de ces tentatives d'intimidation, le Collectif ne cache pas sa satisfaction de la grande mobilisation des résidents.
Fait inédit : les paramédicaux, également en grève, ont rejoint le rassemblement en signe de solidarité avec les résidents. Ces derniers doivent aujourd'hui participer à la seconde réunion du Comité interministériel de suivi des revendications des médecins résidents.
Lors de l'installation de ce comité, les résidents ont eu la désagréable surprise de constater que la majorité de ses membres ignoraient tout des revendications des résidents et des propositions qu'ils formulent pour une sortie de crise. Ils ont également désapprouvé la méthodologie de travail proposée par la tutelle.
Pas question, affirment les résidents, de fractionner les revendications sur plusieurs commissions.
Cette démarche a, disent-ils, montré ses limites en 2011. Le bras de fer entre les médecins résidents et la tutelle n'est pas près de trouver son épilogue.
Le secrétaire général du ministère de la Santé vient d'instruire les Directions de la santé afin que des ponctions sur salaires soient appliquées au prorata des jours non travaillés. Une décision qui ne va certainement pas plaider pour l'apaisement.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : N I
Source : www.lesoirdalgerie.com