Chakib Khelil appuie l’idée d’une OPEP du gaz
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Le ministre de l’Energie et des Mines, Chakib Khelil, a étonné son monde hier en appuyant l’option d’une OPEP du gaz qu’il a exclue il y a juste une semaine.
Il soutient ainsi la position claire exprimée par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, quant à la nécessité d’examiner cette option. Ainsi, après avoir souligné qu’une OPEP du gaz était «inutile puisque les ventes de gaz se font dans le cadre de contrats à long terme», généralement plus de 20 ans et que les prix du gaz sont indexés sur le prix du pétrole, Chakib Khelil a soutenu le contraire hier à Oran, en affirmant qu’»on peut créer une OPEP du gaz si des pays producteurs sont intéressés par cette idée». Cette déclaration a été faite à l’issue de la signature à Oran, par Sonatrach et l’Egyptien ORASCOM, d’un accord pour la construction d’un complexe d’ammoniac et d’urée. Et d’ajouter: «Pour le moment, c’est une réflexion que nous aurons à débattre lors de la prochaine conférence de Doha des pays producteurs et exportateurs de gaz.» Il est donc évident que le ministre de l’Energie a rectifié le tir suite à la déclaration faite par le président de la République au journal espagnol ‘El Pais’ selon laquelle «il ne fallait pas rejeter l’idée d’une OPEP du gaz». Il s’était ainsi démarqué des premières déclarations de Chakib Khelil.
Le président Bouteflika a estimé que la création d’un cartel des pays producteurs de gaz sur le modèle de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) «s’inscrit dans les tendances introduites par la mondialisation qui poussent les producteurs à se solidariser pour défendre leurs intérêts». Cette déclaration a été confirmée hier par le journal russe Kommersant cité par l’agence Ria Novosti rapportant que l’OPEP du gaz sera créée officiellement à Doha (Qatar) au terme de la réunion qui y aura lieu le 9 avril prochain. Selon des sources diplomatiques citées par ce journal, le désir d’une telle fondation a été exprimé par «la Russie, l’Iran, le Qatar, le Venezuela et l’Algérie». Des sources proches des milieux diplomatiques arabes ont fait savoir au quotidien Kommersant que la réunion du Forum des pays exportateurs de gaz (fondé en 2001, regroupant des pays qui contrôlent plus de 70% des réserves mondiales de gaz) »serait un moment favorable pour annoncer la création d’un véritable cartel gazier». La concertation politique de la prochaine démarche touche à sa fin. Les principaux entretiens sont menés non pas par des représentants du secteur gazier, mais par des hommes politiques de haut niveau, «parfois même en contournant les ministères des Affaires étrangères», a déclaré un diplomate arabe. Le journal russe souligne également que l’Iran est le plus ardent partisan de cette idée. Son leader spirituel, l’ayatollah Khamenei, est le premier au monde à avoir énoncé officiellement l’idée d’un «cartel gazier», bien qu’elle ait été depuis longtemps débattue en Russie. Il est à rappeler que cette option a été évoquée pour la première fois en août dernier par le géant russe Gazprom, soulevant de vives inquiétudes parmi les clients européens de l’Algérie et de la Russie, notamment la France, l’Italie et l’Espagne. Le président russe, Vladimir Poutine, l’avait qualifiée, le 1er février, d’»intéressante» et elle a été relancée récemment par l’Iran. C’est dire que l’on s’achemine tout droit vers un cartel du gaz devant préserver les intérêts des pays producteurs et qui servirait bien de moyen de pression pour peser sur les questions géopolitiques qui agitent le monde.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com