Il y a juste une
année, un déluge de feu s'abattait sur la population martyre de Ghaza devant
les caméras des télévisions du monde entier et celles d'Al Djazeera en
particulier qui, faut-il le rappeler, a joué un important rôle dans la diffusion
des atrocités commises par l'armée des envahisseurs de la terre de Ghaza en
détresse.
En plus du blocus
alimentaire et économique, Ghaza est déjà une prison à ciel ouvert, faisant
d'elle, le plus grand bagne du monde. Tout un programme foisonnant en horreurs.
Ghaza, la
déportée Ghaza, la mutilée, s'est vu son ciel se refermer sur elle-même par les
incessants bombardements, sans aucun répit nuit et jour, en plus de tous les
essais de la panoplie d'armes non conventionnelles utilisées par l'armée
sioniste. Les gouvernants du monde entier ont, dans leur majorité, agi en
spectateurs. Cette invasion a débuté le samedi 27 décembre 2008 et ne s'est
achevée que le dimanche 17 janvier 2009, grâce à la mobilisation d'abord de
nombreuses organisations internationales humanitaires et des hommes libres
épris de justice vivant sur cette planète.
Les Palestiniens n'ont pas abdiqué, ils sont
sortis renforcés par la légitimité de leur lutte à aspirer à l'établissement
d'un Etat libre et indépendant. L'armée israélienne, qui n'a pas atteint totalement
ses objectifs, s'est acharnée de manière lâche sur la population civile
constituée de vieux, de femmes et d'enfants sans défense. Au bout de 22 jours
de lâcher de toutes sortes de bombes, Tsahal s'est retirée sans gloire de cette
agression et les barbaries perpétrées continuent de hanter les nuits de ses
soldats. Les images insupportables des enfants martyrs calcinés ont bouleversé
le monde entier. Les télévisions occidentales, qui se sont rangées aux côtés
d'Israël pour des raisons historiques et d'enjeux politiques internes, n'ont
pas osé retransmettre les atroces vidéos montrant ces anges enfants dans leurs
linceuls. Mais le globe, grâce au Net, a découvert les monstruosités subies par
les enfants de Ghaza. Des manifestations, partout dans le monde, ont appelé à
arrêter le massacre. Israël a essuyé un revers médiatique qu'elle n'oubliera
pas de sitôt. Elle est passée du rôle du sacré à celui de l'agresseur. Une
brèche est ouverte: ce n'est plus désormais un tabou de critiquer Israël en
Occident dont l'image est en déclin. C'est un atout qui n'a pas malheureusement
été suffisamment exploité par les pays arabes. Le corps de cette petite fille
ensevelie dans les décombres, dont seule la tête apparaît, a choqué tout le
monde. Cette photo ne sera jamais oubliée, elle restera dorénavant gravée dans
les consciences. Elle constitue une des marques de la négation de l'histoire.
Le mur en acier: un
cadeau d'anniversaire d'Oum Dounia !
Voilà pour
l'histoire. Le sort de la population ghazie s'est aggravé depuis, avec un
quadrillage, sans doute, qui est l'un des plus hermétiques de l'histoire
contemporaine.
Le seul poumon dont respirait la ruinée Ghaza
va être charpentée avec un mur en acier sur toute la frontière égyptienne. Un
enterrement d'extrême classe assuré à la population de la condamnée Ghaza. Pour
quelques sous sentant le déshonneur, la grande soeur est en train de faire un
sale boulot qui va les isoler davantage du monde arabo-musulman. On n'est pas
aussi mieux desservi que par ses «frères» héritiers. Au sein du parlement
égyptien, un débat a été engagé pour sauver la face et justifier l'irréparable.
Après tout ce qui s'est passé après la double confrontation algéro-égyptienne
du Caire et d'Oum Dourman en football, les Pharaons ne doivent plus se demander
pourquoi les Arabes ne les gobent pas ? Qu'ont-ils fait d'exceptionnel pour
mériter l'adoration de ces frères ? Pour ne pas dévoiler leur honte, ils
veulent maintenant se cacher le visage derrière le mur en acier qu'ils sont en
train d'ériger entre eux et les Arabes.
La sénilité d'Oum
Dounia
Lorsqu'il s'agit
de défier ses frères, l'Egypte n'hésite pas un seul instant. Pour un match de
foot, les Algériens ont vu de toutes les couleurs et entendu toutes les
insanités indignes d'un pays qui se prétend détenir la primauté sur les pays
arabes. Par son comportement, elle délire en chutant du haut de son échelle,
devenant la risée des autres pays arabes qui constatent tristement la folie de
la grande frangine qui vient de perdre irréparablement la raison, atteinte
d'une profonde sénilité. Son réveil de son cauchemar était trop tardif. Dans un
moment de perte de la conscience, son président n'a pas tergiversé à convoquer
en urgence le Conseil de sécurité de sa nation qui ne s'est, en aucun cas,
réuni depuis octobre 1973 avec à la clé un discours à la nation prononcé devant
le parlement égyptien dénonçant les prétendues agressions de supporters
égyptiens. Au même instant, sire Shimon Peres, président de l'Etat hébreu, est
reçu sous de bonnes escortes et avec tous les honneurs dus à son rang d'un des
responsables du génocide du peuple de Ghaza. Charm el-Cheikh ne s'est autant
désemplie de ces bourreaux.
Les allégations égyptiennes à Oum Dourman ont
failli provoquer un incident diplomatique avec le gouvernement soudanais. Comme
le rapportent les dernières dépêches, citant des sources de la FIFA, le dossier
présenté par Hamid Zaher est rejeté car vide de toutes preuves tangibles. Du
blabla sans plus, devenu une spécialité du côté des pyramides. Une autre
contre-performance pour la fédération égyptienne. La conférence de presse de
Samir Zaher programmée au 3 janvier n'a-t-elle pas été annulée de justesse pour
échapper à une autre humiliation qui aurait terni, pour de bon, l'image du
défunt pharaon ? Au lieu de s'attaquer à leurs profonds problèmes, ils
préfèrent les cacher en cherchant un fantôme ennemi extérieur.
Les tenants de l'Egypte ont privilégié
s'attaquer à leurs frères qui les ont battus sportivement et à la loyale encore
que 31 blessés Algériens ont été enregistrés par les services de police au
Caire lors du match du 14 novembre et en dépit d'une défaite entachée de
plusieurs irrégularités sportives avec les blessures des joueurs après le
caillassage avant le match et un but égyptien, un flagrant hors-jeu inscrit
dans le temps additionnel. Les Algériens ne parlent pas assez trop comme le
font les Egyptiens mais ils favorisent l'action au verbe. Je comprends
maintenant pourquoi Israël (3 millions d'êtres) nous a toujours défaits alors
que les frères sont estimés à 85 millions. Ce n'est donc pas une affaire de
chiffres mais de technologie. Face aux Algériens, ils n'ont cessé de nous
épouvanter avec ce chiffre devant nos 35 millions d'âmes.
La théorie des nombres égyptienne s'est
soudainement rouillée en terre soudanaise.
Le défi de Bordj
Dubai Ce match a permis à l'Algérie de se libérer du joug égyptien qui se
croyait être le nombril du monde arabe. Lorsque l'Egypte était «Oum Dounia»,
les pays du Golfe n'étaient presque rien. Il faut que Oum Dounia se réveille de
son profond sommeil pour s'apercevoir des progrès enregistrés par de nombreux
pays arabes. Oum Dounia, c'était au temps des pharaons. Actuellement, ce sont
des buildings modernes de dernier cri qui emplissent les pays du Golfe.
N'est-il pas réel que Bordj Dubai, qui vient juste d'être inauguré, est la tour
la plus haute du monde culminant à plus de 800 mètres et visible à cent
kilomètres à la ronde ? Dubai est ainsi devenu un pôle économique mondial qui a
son effet sur le monde des affaires internationales. Le Hong Kong arabe en
quelque sorte. Je n'ai jamais visité ces pays mais ma tentation est grande pour
aller voir de visu le formidable développement de cette région du Golfe qui
pense déjà à l'après-pétrole. De l'investissement à long terme. A l'ex-Oum
Dounia de méditer.
La fetwa de
service
Le cadeau
d'anniversaire de la commémoration du carnage de Ghaza nous vient donc de cette
Egypte qui vient de l'offrir à ses frères. Et quelle donation ? Un nouveau mur
en acier, sur une dizaine de kilomètres, va sceller définitivement la
claustration des frères en pleine détresse. Les 200 kilomètres de frontière
avec l'Etat hébreu importent peu. L'Egypte s'évertue à inventer un ennemi qui
n'existera que dans son imaginaire mais ferme l'oeil sur l'adversaire patent
qui bastonne continuellement les frères palestiniens. Même l'honorable El
Azhar, qui n'est pas à sa première, s'est mise de la partie en confortant les
concepteurs de Camp David dans leurs desseins de l'utilité de ce mur par une
fetwa venue d'ailleurs. Cette fetwa sur mesure est heureusement contredite par
une autre fetwa émanant de l'extérieur des terres égyptiennes. Les musulmans ne
savent plus où se mettre leur tête et vers qui tendre leurs oreilles face à ces
fetwas antinomiques. Le débat semble manquer de façon flagrante aux masses
arabes pour les éclairer de toutes ces tourmentes pseudo-politiques.
La culture arabe de
l'oubli
L'un des grands
malheurs qui frappent les Arabes, en pleine déconfiture, demeure l'oubli. Les
anniversaires qui touchent le coeur des peuples ne sont pas célébrés comme il
se doit et à leur juste valeur. Ce premier anniversaire de Ghaza est passé
presque inaperçu, sous silence, dans les pays arabes. La mémoire est trop
courte. Regardons Israël, elle n'a jamais oublié son soldat Guilad Shalit,
prisonnier aux mains des Palestiniens. Elle est prête à l'échanger contre des
milliers de vies humaines arabes. Lorsque la vie d'un des siens est en danger,
israël est disposée à faire tous les sacrifices inimaginables. La Shoah est glorifiée
comme chaque année non seulement à Tel-Aviv mais dans tous les pays où les
juifs disposent de puissants lobbys. Le souvenir est sacralisé et les âmes
ravivées.
Dommage que l'attaque de Ghaza n'a pas su
faire fructifier de façon appréciable et judicieuse l'élan de solidarité et la
sympathie internationale en les restituant au profit de la cause. C'est tout le
contraire d'Israël qui ne rate aucune occasion, même minime, de s'illustrer.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Ecrit par : Beghdad Mohammed
Source : www.lequotidien-oran.com