L?entretien de M. Boualem Sansal avec Le Nouvel Observateur (10-16 janvier 2008) à propos de son dernier roman Le Village de l?Allemand ou le journal des frères Schiller (Paris, Gallimard, 2008) ne vaut que par l?inédite affirmation d?une méthode de travail. Le romancier justifie-t-il ses conclusions en parlant de « recherches » ?Très peu d?écrivains algériens évoquent directement la «fabrique» de leurs textes pour s?y arrêter. Relativement à l?état d?une recherche préparatoire, le seul modèle prégnant auquel on peut penser ici est celui de l?enquête naturaliste. Emile Zola s?appuyait sur des matériaux sociologiques et historiques vérifiables qui furent au principe d?une idéologie du littéraire strictement positiviste et comtienne. M. Sansal établit volontiers un lien dialectique entre une doctrine politique - celle du IIIème Reich - et une situation socio-politique atypique - celle de l?Algérie d?aujourd?hui -, notant «une similitude entre le nazisme et l?ordre qui prévaut en Algérie et dans beaucoup de pays musulmans et arabes». Je ne sais, hors de la lecture du présent algérien et de ses épisodes sanglants, sur quels matériaux du passé, et plus précisément du passé colonial, a travaillé le romancier pour rendre crédible ce lien. Les propos assez forts qui accompagnent la sortie de son roman s?offrent assurément aux béances de l?histoire algérienne, et précisément de son «histoire allemande». En Algérie, les sources d?un pouvoir obstinément autocentré - depuis la proclamation de la guerre d?indépendance - et de l?islamisme - des années 1990 à nos jours - restent à définir et à étudier. Est-il possible ici, tout au moins pour ce qui relève de l?hitlérisme, de son action et de son idéologie exterminatrices, d?en marquer les limites en retournant avec précision aux données objectives de «l?histoire allemande» de l?Algérie, telle qu?elle se construit dans les faits et dans les positions assertées à ses différents acteurs ? Et, plus précisément à ses acteurs indigènes algériens et non pas allemands, comme le fait M. Sansal dans son roman. S?il est difficile, en l?état des informations sur la question, de parler du recrutement d?Allemands nazis dans les rangs de l?ALN - FLN, massivement présents dans la Légion, corps supplétif de l?armée française, il est par contre plus sûr d?envisager la longue maturation de «l?idée allemande» dans le mouvement national. Â
Une étrange chanson de gueux
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Abdellali Merdaci *
Source : www.lequotidien-oran.com