Le gouvernement est prêt à toutes les concessions avant la présidentielle de 2014 (DR)Les grandes man'uvres ont commencé en prévision de la rencontre tripartite, qui regroupera le 10 octobre prochain, des représentants du gouvernement algérien, du patronat, des syndicats et, pour la première fois, des animateurs de l'initiative citoyenne NABNI (Notre Algérie Bâtie sur de Nouvelles Idées). Précédée d'un important battage médiatique, avec notamment un lobbying incessant des organisations patronales, la rencontre s'oriente toutefois vers un scénario classique, très encadré de tous côtés. Le gouvernement s'apprête à faire les concessions nécessaires, en vue de préparer tranquillement l'échéance des élections présidentielles d'avril 2014, alors que le patronat et les syndicats pourront brandir les promesses gouvernementales pour garder le contrôle de leurs troupes.
Disponibilité du gouvernement
Le gouvernement a d'ores et déjà montré sa disponibilité. La rencontre a été évoquée lors du conseil des ministres de dimanche 29 septembre, le premier que tient le gouvernement depuis dix mois. Le président Abdelaziz Bouteflika a demandé au Premier ministre de « préparer minutieusement » la rencontre, qui sera « consacrée à la « dynamisation du développement économique national » et « la promotion de l'entreprise nationale ». Le conseil des ministres a d'ailleurs pris à son compte le discours du patronat, en faisant de l'entreprise « la source première de création de richesses et d'emplois et d'impulsion de la croissance ». Tout en appelant au « renforcement des vertus du dialogue et de la concertation entre l'ensemble des acteurs », le président Bouteflika a déclaré que « l'émergence d'une base industrielle nationale moderne et compétitive passe nécessairement par le soutien de l'Etat à l'entreprenariat et à la promotion de l'investissement ». Un discours qui colle parfaitement à celui des organisations patronales.
Participation élargie
Sur un autre plan, et dans le souci d'élargir la concertation, le gouvernement a décidé d'associer les syndicats autonomes ainsi que des groupes de réflexion, comme Nabni. Pour le gouvernement, cela permet d'associer le plus grand nombre de partenaires, pour ne pas se retrouver face aux mêmes pressions de l'appareil de l'UGTA et du puissant Forum des chefs d'entreprises. Côté organisations patronales, celles-ci ont organisé des rencontres, dont celle qui a regroupé neuf d'entre elles, pour présenter un front uni.
Multipliant les séminaires et les participations aux forums et aux émissions de radio et de télévision, les dirigeants d'organisations patronales ont mené un forcing pour imposer leurs doléances. Celles-ci sont classées en deux catégories. Les premières sont d'ordre général, et traitent du cadre général de l'activité économique. Elles ont un « caractère politique », selon M. Rédha Hamiani, président du FCE, qui demande que des règles du jeu favorables à l'entreprise soient définies, avec l'introduction de plus de souplesse dans l'acte d'investir et plus de facilités pour le patronat.
Engagements non respectés
Les autres revendications sont à caractère pratique. Patronat et gouvernement sont d'accord sur les objectifs à atteindre, mais ils n'arrivent pas à définir un mode opératoire pour mettre en 'uvre les décisions prises. C'est en fait le véritable casse-tête pour tous ces partenaires, qui n'arrivent pas à appliquer les décisions prises. Les précédentes tripartites ont pris 200 décisions. « Nous sommes d'accord, mais appliquez-les », s'est écrié un dirigeant d'entreprise à l'adresse du chef du gouvernement, en rappelant qu'une trentaine de mesures seulement ont pu être concrètement appliquées.
A ces revendications, s'ajoutent celles spécifiques à chaque secteur. Les industriels réclament plus de souplesse pour la production et moins de facilités pour les importations. Les entreprises du BTP veulent être mieux associées au programme du million de logements et à l'ambitieux programme de construction d'infrastructures, tout comme elles souhaitent être privilégiées dans l'accès aux matériaux de construction.
Convergences entre patronat et syndicats
Curieusement, ce discours des organisations patronales, hostile aux importations, rejoint celui de la principale centrale syndicale, l'UGTA. Celle-ci a même demandé la restauration de l'autorisation d'importation, une formule en vigueur dans les années 1980, et qui donnait à l'administration le soin de décider de ce qui devait être importé de ce qui était banni.
Côté travailleurs, le gouvernement peut toutefois se prévaloir des mesures déjà annoncées, malgré le peu d'impact qu'elles ont sur l'économie. Prêts à taux zéro, prêts bonifiés, facilités bancaires et fiscales pour les jeunes. Le gouvernement a tellement pris de mesures que le marché du travail a été transformé. Le chômage, calculé selon les normes du BIT, est descendu sous la barre symbolique des dix pour cent, et certains secteurs souffrent désormais de l'absence de main d''uvre, même si le personnel qualifié et compétent reste introuvable dans de nombreuses branches.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abed Charef
Source : www.maghrebemergent.info