Le forum des chefs d'entreprises (FCE), a rendu public ce jeudi ces propositions pour un « nouveau pacte de croissance économique ». Mesure phare, la « libération » de l'acte d'investir. Cela passe aussi par le renoncement à la règle du 49%-51% dans les investissements étrangers. La création d'une banque d'investissement pour les PME, l'amnistie fiscale pour réduire l'informel, et la création d'un dinar lourd figurent aussi dans le train de mesures suggérées.
Les 50 propositions du FCE présentées par son président Réda Hamiani, ce jeudi à l'hôtel El Aurassi à Alger pour clôturer le symposium « de l'urgence d'une nouvelle économie moins dépendante des hydrocarbures », sont réparties sur quatre principaux chapitres et traitent de « mesures de relance et de soutien de l'investissement », de « mesures pour réduire le champ de l'informel », de « mesures pour simplifier l'environnement de l'entreprise et améliorer le climat des affaires et enfin des « mesures d'organisation économique ou d'ordre institutionnel ». Réda Hamiani s'est dit convaincu de la « justesse » des mesures énoncées dont l'idée de base est de placer, affirme t-il, l'entreprise Algérienne au centre de la nouvelle politique nationale de développement économique et social.
Le FCE vise un taux de croissance de 8 à 10% sur une dizaine d'années, propose pour cela de rétablir la liberté totale de l'acte d'investir en précisant que « l'investissement n'est soumis à aucune autorisation ou agrément et ce, conformément à l'article 37 de la constitution ».
Exporter 20 milliards de dollars hors hydrocarbures en 2022
Pas moins d'une vingtaine de mesures sont proposées dans ce chapitre de la relance de l'investissement. Il s'agit notamment, est-il indiqué dans un document rendu public cet après midi, de « lancer une politique de champions économiques », « ouvrir de manière effective aux investisseurs privés et nationaux l'ensemble des secteurs d'activité économique », « créer une banque d'investissement spécialisée dans le développement de la PME/PMI », « l'abandon de la règle de 51/49% en matière d'IDE », « Eriger des zones prioritaires de développement dans les hauts plateaux et le sud », « implanter de nouvelles zones industrielles le long de l'axe autoroutier Est-Ouest », « Accorder la possibilité, à toutes les entreprises existantes, qui le souhaitent, de rééchelonner leurs dettes bancaires », « réserver aux entrepreneurs nationaux les marchés publics », « le rétablissement du crédit à la consommation pour l'acquisition des biens et des services produits localement » ou encore « remplacer le soutien des prix pour les produits de large consommation par l'instauration d'un complément de revenus aux couches de population à faible revenus ».
Dans le même chapitre le FCE propose également la mise en place d'un programme national de développement des énergies renouvelables, encourager le retour des familles qui ont fui leurs villages en accordant une aide des pouvoirs publics de 1 million de DA, concevoir une politique différente du logement et un programme de nouvelles villes de différentes tailles (10 000 jusqu'à 50 000 habitants) et enfin en matière d'exportation, fixer un objectif de 10 milliards de dollars à atteindre dans un délai de 5 à 7 années et de 20 milliards de dollars à atteindre après 10 ou 12 années.
L'amnistie fiscale pour réduire le champ de l'informel
Le FCE qui reconnait que le secteur informel est aujourd'hui très puissant, propose une « panoplie » de mesures, non pas pour éradiquer le phénomène mais pour le réduire et contenir graduellement son champs d'influence.
Parmi ces mesures, Réda Hamiani suggère notamment de « décider une amnistie fiscale en taxant à hauteur de 10% les montants déclarés au fisc », relever le plafond du chiffre d'affaire et des entreprises et activités soumises à l'impôt forfaitaire unique à 30 millions de DA », « multiplier les marchés de gros de fruits et légumes », « réformer en profondeur le système du registre de commerce » ainsi que « moderniser et mettre à niveau le système national d'information économique ».
Là aussi le FCE propose en tout 11 mesures en soulignant que dans un premier temps il s'agit plutôt de combler les lacunes ou des vides juridiques qui contraignent l'activité des entreprises ou, plus simplement de mettre fin à des anomalies organisationnelles ou même à des « situations de non droits ».
Parmi ces mesures, on citera notamment la « reforme en profondeur du droit économique Algérien », l'engagement pour une réforme fiscale profonde », ou encore la levée de l'autorisation de la banque centrale, préalable à la mise en place des agences bancaires, de sorte à impulser le développement du réseau bancaire.
Le FCE propose de créer un dinar lourd
Le forum des chefs d'entreprises propose par ailleurs de moderniser le régime des changes, de dynamiser la bourse d'Alger, de changer la valeur faciale de la monnaie (1 DA nouveau = 100 DA anciens) ainsi que de revoir carrément le fonctionnement des chambres de commerce en adaptant notamment leurs statut, leurs financement et leurs activités.
Le FCE insiste sur la mise sur pied d'un véritable pacte de croissance ce qui impose de revoir certaines formes d'organisation institutionnelle pour mieux asseoir les bases d'une politique cohérente en direction du monde de l'entreprise.
Pour y arriver, Réda Hamiani propose en premier lieu la création d'un ministère de l'économie nationale qui regrouperait ; les ministères des finances, de l'industrie et du commerce, de sorte à structurer une « administration économique cohérente face au monde de l'entreprise ».
Week end universel et aménagement du temps de repos
Le FCE suggère également de revenir au Week-end universel ou de permettre aux entreprises d'aménager le repos hebdomadaire à leur convenance.
Le forum des patrons préconise par ailleurs la dépénalisation dans les faits les actes et fautes de gestion dans les entreprises publiques en conférant en parallèle une « responsabilité accrue » aux organes de gestion de l'entreprise.
Dans le dernier chapitre des propositions, le FCE consacre 14 mesures parmi lesquelles figurent l'institution d'un médiateur national qui sera chargé de la relation entre les autorités économiques et l'entreprise, ou encore le développement du dialogue économique et de la concertation entre les autorités publiques et les représentants du secteur privé.
L'organisation patronale exhorte de mettre dès aujourd'hui des passerelles entre le système de formation et le monde de l'entreprise mais aussi à mettre sur pied un programme de mise à niveau qui toucherait une dizaine de grandes écoles ou d'universités avec un « appui financier massif de l'état » dans des liaisons à définir avec les priorités du développement économique national.
Tweet
Partager
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Zoubir Merabet
Source : www.maghrebemergent.info