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Algérie : comment le FIS a imposé ses idées



Algérie : comment le FIS a imposé ses idées
Interdit en 1992, le Front islamique du salut (FSI) ne peut toujours pas participer aux élections mais, en vingt ans, certaines de ses idées ont bien gagné du terrain. En témoignent les manifestations de religiosité de plus en plus nombreuses et la fortune des sites et des programmes de fetwas. Le gouvernement tente d'épouser cette mode rigoriste afin d'en tirer profit politiquement et électoralement. Quant aux partis non islamistes, ils assistent, impuissants à l'« islamisation » rampante de société.
Il y a vingt ans, les autorités administratives algériennes s'apprêtaient à dissoudre le Front islamique du salut (FIS). Quelques semaines après l'interruption du processus électoral et l'annulation de la victoire du parti religieux au premier tour des élections législatives, une telle mesure n'avait guère surpris les Algériens et les observateurs. Durant tout le mois de février, nombre de ses militants avaient été arrêtés et envoyés dans des camps d'internement situés au Sahara.
D'autres, entrés très vite en clandestinité, avaient appelé les Algériens à refuser l'annulation des élections et exigé de l'armée qu'elle ne s'oppose pas «au choix du peuple». Cette dissolution du FIS pèse aujourd'hui encore sur la vie politique algérienne. Alors que de nouvelles élections législatives sont prévues le 10 mai prochain (elles désigneront une Assemblée de 462 députés), le débat à propos de la participation des islamistes est quotidien.
Pour l'observateur non averti, le risque de confusion est grand. Ainsi, le Mouvement de la société pour la paix (MSP, ex-Hamas) est-il présenté comme la formation islamiste en grande forme et capable de réaliser un score comparable à celui d'Ennahdha en Tunisie.
Le FIS reste interdit de joutes électorales
Du coup, cela permet à des éditorialistes et chroniqueurs en mal d'inspiration d'agiter le chiffon du danger islamiste dans un langage comparable à celui du début des années 1990 quand une partie de la société algérienne s'inquiétait de la montée en puissance du FIS. Les cris d'orfraie sont d'autant plus nombreux que le MSP a quitté l'alliance présidentielle qu'il formait avec le Front de libération nationale (FLN, ex-parti unique) et le Rassemblement national démocratique (RND).
Difficile pour autant de croire que le MSP se radicalise soudain alors qu'il a été de tous les gouvernements depuis 1997. Bien au contraire, on peut penser que sa sortie de l'alliance présidentielle n'est rien d'autre qu'une manœuvre destinée à faire croire que l'Algérie, elle aussi, a ses islamistes «modérés» aux aguets, et cela sans même avoir vécu les mêmes événements que l'Egypte ou la Tunisie. En clair, le positionnement actuel du MSP ne devrait tromper personne et, au final, on peut penser que ce parti aura négocié sa part de pouvoir aux côtés du FLN et du RND.
Quant au FIS, et aux courants se revendiquent de lui, ils restent interdits de joutes électorales. En apparence, c'est une défaite pour un parti dont les cadres en exil tentent de se réorganiser notamment au Qatar où séjourne Abassi Madani, l'un de ses chefs fondateurs.
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