Contrainte - En Algérie, plus de 600 000 personnes travaillent hors de leur wilaya d'origine. Durant le ramadan, ils séjournent dans des dortoirs.Ils sont plusieurs milliers de citoyens qui font face aux difficultés de la vie, surtout en ce mois de ramadan. Ils ne peuvent, financièrement, se permettre pendant tout le mois de carême, de loger dans un hôtel, car ne disposant pas de logement. Ces travailleurs, particulièrement les ouvriers du bâtiment et ceux au revenu modeste, recourent aux dortoirs où les prix de la nuitée sont considérablement inférieurs à ceux pratiqués dans les hôtels.
Les plus récentes statistiques de l'ONS (Office national des statistiques) indiquent qu'en Algérie, plus de 600 000 personnes travaillent hors de leur wilaya de résidence. Beaucoup parmi elles exercent un travail d'astreinte, c'est-à-dire appelées à travailler de jour comme de nuit. Il y a également le problème dû au manque de transport concernant certaines lignes interwilayas, au cours de ce mois sacré.
Une virée dans certains dortoirs de la Basse Casbah nous renseigne sur les difficultés que rencontrent ces citoyens qui attendent avec impatience la fête de l'Aïd el-fitr pour faire un «saut» auprès des leurs. C'est le cas de Bachir, un maçon que nous avons rencontré au seuil d'un dortoir à Zoudj Aâyoun dans la Basse Casbah.
Ce dernier refuse de nous parler de sa famille restée à Jijel. Il nous déclare : «Les conditions de séjour dans ce dortoir, comme dans l'ensemble des dortoirs, ne sont, contrairement aux grands hôtels, pas toujours agréables en termes de confort.» Selon lui, «de nombreux dortoirs sont créés à Alger la veille du carême, dans la perspective de recevoir des personnes travaillant hors de leur wilaya de résidence et de ce fait obligées de rester loin de chez elles. Les prix de la nuitée diffèrent d'un dortoir à un autre. Ils se situent entre 200 et 500 DA par personne». Des prix bas par rapport aux hôtels, mais qui restent hors de la portée des salaires de beaucoup de travailleurs.
C'est le cas de Djillali, un père de famille originaire de Mila. «J'habite à Mila et je travaille ici à Alger. Je perçois un salaire mensuel qui avoisine les 18 000 DA. Mon travail m'exige de rester en poste tous les jours sans interruption jusqu'à 17h. Faute de transport pour rentrer chez un cousin à Cap Djinet et rompre le jeûne, je suis contraint de le faire à Alger et y passer la nuit aussi.
Ça dure tout le mois de carême», témoigne-t-il. «Je passe la nuit dans un dortoir au prix de 300 DA la nuitée. Vous savez, ça représente, en un mois, la plus grande partie de mon salaire.
Si les dortoirs existant au niveau national demeurent inconnus, leur nombre augmente à la veille du mois de ramadan. «C'est parce qu'ils savent que le nombre de clients augmente au cours de ce mois.»
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : R Khazini
Source : www.infosoir.com