Alger

Ahmadinejad achève sa visite à Alger Le nucléaire, les affaires et le Sahara Occidental



La seconde et ultime journée de la visite d'Etat entamée depuis lundi par le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a été marquée par un second tête-à-tête avec le président de la République, rencontre élargie par la suite aux autres membres des deux délégations constituées de ministres et hauts fonctionnaires des deux pays. Lors du déjeuner offert à l'hôte de l'Algérie, Bouteflika a dans une allocution brossé un tableau sur l'état des relations bilatérales entre les deux pays ainsi que leurs perspectives de développement. Bouteflika a souligné que «cette visite augure une nouvelle ère de prospérité pour nos deux peuples et qu'elle porte en elle les prémices d'un partenariat privilégié entre nos deux pays frères, partenariat que nous souhaitons ériger en modèle pour le monde islamique et pour les pays en développement. Notre coopération bilatérale a connu depuis des développements rapides et assez importants, même si nous ne pouvons, à l'évidence, nous satisfaire du niveau encore modeste de nos échanges et de l'insuffisance de valorisation des complémentarités de nos économies». Présentant les nouvelles données économiques engendrées par les réformes entreprises, le chef de l'Etat a ajouté: «Nous avons ainsi créé dans notre pays un environnement très attractif pour les investisseurs et pour les partenaires étrangers dont nous sollicitons l'expertise, les capacités technologiques et des capitaux...». Concernant les opportunités de partenariat entre les deux pays, le président de la République s'est félicité des premières actions conclues ou en projet dans des domaines aussi diversifiés que l'industrie du bâtiment, le montage de véhicules automobiles, la construction de logements et d'infrastructures de base, les relations bancaires ainsi que le secteur des hydrocarbures. Le chef de l'Etat a souligné par ailleurs: «Nous partageons la même conviction de refus de la fatalité d'un monde unipolaire où les égoïsmes et les intérêts conjoncturels ignorent l'exigence légitime d'un développement solidaire et d'une prospérité partagée». S'agissant de l'épineux problème du nucléaire iranien, Abdelaziz Bouteflika a réitéré la position de principe de l'Algérie en déclarant: «Nous estimons inadmissible que des pays membres du Traité de non-prolifération des armes nucléaires soient, en raison d'interprétations unilatérales et sélectives, contrariés dans leur droit légitime et conventionnel d'acquérir des technologies nucléaires à des fins strictement pacifiques et de développement. La crise suscitée par le programme nucléaire de votre pays devrait trouver un règlement satisfaisant en se fondant sur les ressources de la diplomatie internationale et en tenant compte des droits qui vous sont garantis par le Traité lui-même». A propos de la situation au Maghreb, le chef de l'Etat a rappelé à son homologue iranien que «l'édification de l'Union du Maghreb arabe est contrariée notamment par le problème du Sahara Occidental, qui reste pourtant une question de décolonisation dont la communauté internationale a fixé le mode de règlement par l'exercice par le peuple sahraoui de son droit à l'autodétermination». Sur la lutte contre le terrorisme, Abdelaziz Bouteflika considère que «la prévention et la lutte contre le terrorisme nécessitent de poser un regard lucide et clairvoyant sur ce fléau dont les causes, les moyens et l'impact sont, à présent, mieux connus et imposent à l'évidence une démarche collective, solidaire et opérationnelle...». De son côté, Mahmoud Ahmadinejad a affirmé lors d'une conférence de presse que l'ambition de l'Iran et de l'Algérie est de «renforcer leurs relations bilatérales dans les domaines politique et économique» en estimant que la coopération entre les deux pays peut être complémentaire. «Je souhaite que le volume des échanges entre l'Iran et l'Algérie atteigne 11 milliards de dollars par an, comme c'est le cas avec les Emirats», a-t-il conclu. Le président iranien a qualifié le terrorisme international de «phénomène négatif et que ses causes s'expliquent par le fait que certains Etats et autres groupuscules qui se sont éloignés des valeurs humaines et spirituelles, participent à sa propagation». S'exprimant sur le dossier du nucléaire, M. Ahmadinejad a indiqué que son pays se conforme au droit international dans la production de cette source d'énergie à des fins pacifiques, soulignant que l'Iran «ne peut discuter avec les pays qui ne lui reconnaissent pas ce droit». A propos de l'idée de la création d'une OPEP du gaz, le chef de l'Etat iranien s'est déclaré favorable à ce que les pays concernés coordonnent leurs efforts pour défendre leurs intérêts. Sur la question du Sahara Occidental, il a souligné que son pays «n'est pas revenu sur la reconnaissance de la RASD, ni n'a modifié sa position à l'égard de ce conflit». A signaler également que les deux ministres des Affaires étrangères des deux pays se sont entretenus en présence des coprésidents du comité de suivi de la commission mixte de coopération algéro-iranienne pour faire le point sur les relations bilatérales et les moyens de leur développement.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)