La cour condamne l’équipage à la perpétuité
La cour criminelle d’Oran a condamné lors de son audience d’hier les douze membres de l’équipage du navire battant pavillon ukrainien, l’Atlantic Mirkado, à la perpétuité. Les faits remontent au 1er juillet de l’année 2003.
Ce jour-là, un corps sans vie est repêché au niveau de la plage Abdelmalek Ramdane à Mostaganem. L’enquête établira que cette dépouille est celle du jeune B.M. Trois jours auparavant, trois jeunes, originaires d’Arzew, décident de quitter le pays en embarquant clandestinement à bord d’un bateau se trouvant au port d’Arzew. Ils jettent leur dévolu sur un navire battant pavillon ukrainien, l’Atlantic Mirkado. Le 28 juin, ils montent à bord et se cachent dans une salle. Vingt quatre heures après, l’un d’entre eux, le dénommé H.S. décide de quitter le navire qui se trouvait toujours en quai. Il fait part de sa décision à ses compagnons de fortune qui se trouve ne le suivent pas. Il fait alors demi-tour, les laissant aller seuls vers une aventure obscure. Deux jours après, plus exactement le 30 juin, le bateau prend le large à 16 heures en direction de la Turquie. Vers les coups de 22 heures, les deux voyageurs clandestins n’en peuvent plus de se terrer, la faim et la soif se font ressentir et de plus, la salle où il se sont cachés, est fermée de l’extérieur. Ils tentent alors l’impossible en commençant à donner de grands coups dans l’espoir d’être entendus. Et effectivement, c’est ce qui se passa. Des marins les ayant repérés, leur ouvrent la porte. Leur espoir renaît, car ils sont loin de se douter de ce qui les attend. Huit marins sont devant eux avec le Commandant de bord, ils discutent entre eux. Suite à quoi, aucune insulte ne leur sera épargnée, dira K.A. le rescapé de cette aventure. Ils nous ont traités de tous les noms après qu’on ait dévoilé note identité. Suite à quoi, ils nous ont ordonnés de revêtir des gilets de sauvetage et nous ont tout simplement intimés de sauter par-dessus bord. On a voulu y résister mais on a vite compris que c’était peine perdue. Une fois dans l’eau, on a remarqué qu’ils se moquaient de nous et continuaient à nous traiter de tous les noms. Par la suite, dira ce même rescapé, j’ai pu regagner le rivage dans un état plus que dramatique. Quant à mon ami, ce n’est que le premier du mois de juillet que j’ai appris qu’il a été retrouvé mort. Alertées, les autorités compétentes ont dressé deux mandats aux instances judiciaires de l’Estonie et de l’Ukraine afin que cet équipage de même que le commandant soient entendus dans cette affaire. Reportée une première fois suite à la demande de la défense de la victime, qui a exigé la présence des mis en cause. Ce procès s’est tenu hier, marqué toujours par l’absence de cet équipage qui, une fois de plus, n’a pas daigné répondre aux mandats ni signifié sa présence par un représentant. La victime miraculée K.A. viendra témoigner en relatant l’inhumanité de ces hommes d’équipage ainsi que de leur supérieur. «Envers un animal, on aurait eu plus de sentiment» dira cette victime. Lors de son réquisitoire, le représentant du ministère Public a requit la peine maximale. La défense de la victime et des parents de la victime disparue, expliquera qu’aucun terme ne sera assez qualificatif pour expliquer aujourd’hui ce que les parents du jeune B.M. vivent et d’ajouter, «certes K.A. s’en est sorti mais le choc qu’il a vécu restera à jamais gravé dans sa mémoire». Aux termes des délibérations, la cour a prononcé contre tous les mis en cause la perpétuité. Rappelons toutefois que cette affaire n’est pas unique. Il y a quelques années aussi, deux jeunes ont eu à subir la même tragédie où l’un de ces deux a péri en mer. Une autre famille vit le calvaire de l’attente. En effet, son fils ayant choisi ce mode de voyage clandestin, a été jeté par-dessus bord. Il ne fut jamais retrouvé. Plus grave, il y a à peu prés deux années, se sont des ressortissants marocains qui ont été sauvés d’une mort certaine par les gardes côtes algériens. Après qu’ils furent jetés en mer par un navire étranger à bord duquel ils avaient embarqué clandestinement.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com