Une vente aux enchères prévue le 30 décembre prochain
L’affaire de l’hôtel «Hayet Regency» ne cesse de défrayer la chronique. Hier, un avis de vente aux enchères publiques de cet hôtel a été publié dans la presse selon lequel, le Crédit populaire algérien (CPA) décide de vendre cet établissement hôtelier aux enchères suite à l’ordonnance de saisie et de vente aux enchères, prononcée par le président du tribunal d’Es-Seddikia, en date du 4 avril 2007. La séance de vente est prévue pour le 30 décembre 2007, au tribunal d’Es-Seddikia. Les enchères s’ouvriront sur une mise à prix de 302 millions de dinars. Cette décision de justice était prévisible, selon les responsables au courant du dossier. Cette affaire qualifiée de «scabreuse» ponctue nettement le chaos du monde des affaires à l’algérienne et ses interactions avec l’administration. Pour rappel, le CPA a participé au financement de Hayate Regency à hauteur de plus 270 millions de DA pour un crédit remboursable à long terme. Par ailleurs, selon son propriétaire, le coût global de réalisation et d’équipements s’élève à quelques 700 milliards de centimes. Ce montant a été «exagérément gonflé, sans respecter les normes requises pour le Haut Standing», apprend-on auprès de quelques observateurs économiques. Ces derniers justifieront leurs propos par le refus de la chaîne «Hyatt Regency» d’attribuer le label et ensuite par la faillite commerciale de l’affaire. Pour rappel, initialement, cet hôtel devait dépendre de la chaîne «Hyatt Regency» mais «pour non respect du cahier des charges», ce label lui a été refusé. La patron a donc choisi de pasticher cette marque multinationale, en baptisant sont hôtel avec un homonyme: Hayate Regency. Selon un cadre de la CPA, «tous mouvements de fonds devraient être interdits, sinon signalés et restés confinés au CPA». Mais l’affaire a pris des tournures vertigineuses. Premier coup de théâtre: en juin 2006, le propriétaire a cédé son établissement à un promoteur italien, en l’occurrence Mario Roncali, contre le payement du 10% du prix, soit 500 millions de dinars.
Le payement s’est effectué par chèque qui s’est avéré plus tard «sans provisions». Le patron italien fait l’objet d’un mandat d’arrêt pour le grief d’émission de ce chèque, depuis quelques jours. D’autre part, un autre groupe «Abou Naouès « a formulé le désir de racheter l’hôtel. Mais, pour des raisons d’ordre procédural, l’affaire est tombée à l’eau, a-t-on appris. Mario Roncali, le mis en cause, a déclaré que «lors de la transaction, le propriétaire a voulu que je lui remette l’argent en liquide dans des valises, en Espagne». Chose qui a été refusée, bien sûr, selon ses dires. Enfin, le patron italien de Promeda voulait réaliser un autre projet pharaonique dont le budget initial s’élevait à plus de 12 milliards de dollars, à la plage de Madagh. Tous les organes de presse ont été conviés naguère dans le siège de Promeda de la Cité Djamel pour rendre public ce projet babylonien, baptisé «Voile Méditerranéenne». Questionnés, tous les responsables locaux ont déclaré qu’ils méconnaissaient ce projet, pourtant grandiose. Roncali ne s’est pas arrêté là. Il a créé quelques mois plus tard, une autre entreprise «ORANO Project», alors qu’il était déjà poursuivi en justice pour escroquerie. Cette nouvelle entreprise devait réaliser le village touristique de Madagh «Voile Méditerranéenne». Par contre, on apprendra que le propriétaire dénonce, par le biais de son avocat, la démarche entreprise par le CPA, qu’il qualifie d’illégale et déclare que son client va faire appel. La vente aux enchères aboutira-t-elle comme le veulent les responsables du CPA? La question est posée. Les tenants et les aboutissants inextricables de cette affaire, l’exorbitant budget qui a coûté les yeux de la tête et surtout l’échec commercial risquent d’être autant d’entraves pour la réussite de ces enchères.
Benachour Mohamed
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com