Deiti Ag Sidimo, le député touareg malien, demandé par la justice
algérienne, est monté au créneau pour dénoncer ce qu'il qualifie de cabale
politique, à l'approche des législatives dans son pays.
La commission rogatoire que la justice algérienne a adressée au Mali
précise que le député condamné par le tribunal de Ouargla pour trafic de drogue
est «impliqué dans l'acquisition et la vente de 500 kilos de stupéfiants entre
le Niger, le Mali et l'Algérie». Mais l'élu de la région de Tessalit, près de
la frontière algérienne, s'estime victime d'une injustice qui «a terni son
image». Accusant ses adversaires politiques de cette manÅ“uvre, celui qui
détient la double nationalité, algéro-malienne, déclare «qu'il y a méprise»
pour sa première ligne de défense en dénonçant, au passage, des journaux «qui ont
terni mon image».
Rappelons que suite à la demande formulée par l'Algérie, une première
dans son histoire, l'Assemblée nationale du Mali est en train d'étudier une
éventuelle levée de son immunité parlementaire. Selon Siriba Diara,
vice-président de la commission d'enquête chargée de l'étude de cette demande,
la commission composée de 15 membres représentant les groupes parlementaires
s'était réunie le 17 septembre dernier et s'apprête à présenter son rapport
final au début du mois d'octobre prochain.
Ce rapport sera débattu par les membres du Parlement malien lors d'une
audience qui aura lieu à huis clos. Ce que Ag Sidimo conteste en se disant
«injustement accusé» et affirmant que «le tribunal de Ouargla a dû rectifier et
présenter ses excuses», mais que cette information n'a pas été répercutée. D'où
une plus grande suspicion d'Ag Sidimo, convaincu d'être la cible de certains
intérêts occultes dans la région.
Deiti Ag Sidimo, 43 ans, est l'un des créateurs de l'Alliance
démocratique pour le changement et le mouvement armé créé par les rebelles
touareg au nord du mali en 2006 à la fin de leur longue guerre contre le
gouvernement central à Bamako. Il a pris part aux négociations qui ont eu lieu
entre Bamako et les rebelles sous la médiation de l'Algérie. Il est le député
de Tessalit, une région désertique difficilement contrôlable, théâtre de
trafics divers, dont celui de la drogue, auxquels s'adonnent différents groupes
criminels. Certains sont liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique qui possèderait
des bases dans le nord du Mali.
Le désert malien est un lieu de passage de la drogue, qui transite par le
Mali pour prendre la direction de la Libye via le Niger, le Tchad, une autre
partie de la drogue étant amenée au Maroc, selon des experts. Ag Sidimo évoque
aussi pour sa part cette sous-région qui connaît une extrême tension et une
instabilité accentuée par le renforcement de l'arsenal de l'AQMI par des armes
libyennes. Rappelons qu'en mai dernier, s'est tenue une réunion extraordinaire
du conseil des quatre chefs d'état-major d'Algérie, Mauritanie, Niger et Mali,
membres du Comité d'état-major opérationnel conjoint pour faire face aux
dangers communs qui guettent la stabilité de la sous-région du Sahel. Au
hit-parade des préoccupations sécuritaires du CEMOC, créé en 2009 et basé
depuis à Tamanrasset, le terrorisme et l'activisme d'Al-Qaïda, sous-traitée
dans la région par l'AQMI. Le général de corps d'armée, chef d'état-major de
l'Armée nationale populaire, Ahmed Gaïd Salah, avait reconnu, pour sa part, la nécessité
de fédérer tous les moyens pour faire face à la menace terroriste. Il avait
plaidé également pour une convergence des perceptions des menaces qui doit,
a-t-il dit, se traduire par une lutte «ferme» et «coordonnée» contre le
terrorisme et le crime organisé.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Moncef Wafi
Source : www.lequotidien-oran.com