
Le 20e Salon international du livre d'Alger (SILA), qui s'est achevé samedi soir, s'impose désormais comme la plus grande manifestation culturelle en Algérie.Avec plus de 1,5 million de visiteurs en dix jours, d'après les chiffres fournis par les organisateurs, le Salon d'Alger est le plus important en Afrique et dans la région arabe et est en passe de devenir parmi les plus visibles au monde.Le Palais des expositions des Pins maritimes, construit à la fin des années 1960 selon une vision soviétique, n'est désormais plus en mesure d'accueillir autant de visiteurs.Les infrastructures sont complètement dépassées, les parcs et les pavillons sont trop étroits et les services ne sont pas à la hauteur de l'événement, malgré les efforts des responsables de la Safex. Le Palais des expositions a besoin d'une rénovation qui respecte les normes architecturales contemporaines prenant en compte l'importante fréquentation.Le SILA a encore une fois été l'occasion de confirmer que les Algériens s'intéressent au livre, adorent lire et découvrir les nouveautés littéraires, philosophiques et scientifiques.Reste maintenant à accompagner cet intérêt exprimé collectivement. D'abord en encourageant la fabrication du livre par des formules efficaces de soutien économique et commercial. La nouvelle loi sur le marché du livre, applicable à partir de début 2016, devrait booster quelque peu le secteur de l'édition. Imposer «le prix unique» pour le livre au niveau national est déjà un pas important. L'élargissement du lectorat dépend également d'une politique étudiée des prix, surtout des ouvrages universitaires.Ensuite, l'Etat doit contribuer à améliorer la distribution du livre partout dans le pays en soutenant les éditeurs. Accorder des facilités aux investisseurs ou éditeurs qui veulent ouvrir des librairies ou des espaces de lecture publique serait également un geste d'une grande signification de la part des pouvoirs publics.L'Etat, en concertation avec les professionnels de l'édition, doit appuyer l'exportation du livre algérien en limitant les procédures administratives et financières. Il n'y a aucune raison pour que le livre algérien, écrit en arabe ou en français, ne retrouve pas sa place dans les librairies africaines, arabes ou européennes.Plusieurs éditeurs africains présents au SILA ont exprimé le v'u de développer des partenariats avec leurs homologues dans le cadre de la coédition. Investir les marchés africains, arabes et méditerranéens doit être l'un des axes prioritaires de la diplomatie culturelle à travers l'appui de l'exportation, dans de bonnes conditions, des œuvres littéraires et artistiques algériennes. Un bon roman est également un excellent ambassadeur comme peut l'être un film de qualité. Pas besoin de le démontrer.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Fayçal Métaoui
Source : www.elwatan.com