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A LA GALERIE D'ART PIGIER-LOTUS D'ORAN Hafida Ameyar présente son livre sur la moudjahida Annie Forio-Steiner



Dans son ouvrage intitulé Une vie pour l'Algérie , la journaliste et écrivaine Hafida Ameyar offre au lecteur un travail conçu et réalisé sur la base d'entretiens hebdomadaires étalés sur plusieurs mois avec la moudjahida Annie Forio-Steiner.
Ce jeudi 17 novembre à partir de 14h, l'auteur sera en compagnie d'Annie Steiner pour présenter et dédicacer son livre au niveau de la galerie d'art Pigier-Lotus. Pour l'auteure, l'idée d'écrire ce livre s'est imposée en mars 2010 lors du colloque sur le rôle des avocats pendant la guerre de Libération nationale organisé par les Amis de Abdelhamid Benzine. Parmi les intervenants, dira Hafida Ameyar dans son introduction, «il y avait une militante algérienne très discrète : Annie Forio-Steiner». Après deux rencontres en mars 2011 avec cette grande dame autour de laquelle s'est construit le livre, un accord fut conclu pour la rédaction des témoignages de la moudjahida. Plusieurs éléments ont motivé l'auteure pour réaliser cet ouvrage, ce qu'elle explique aisément dans l'introduction de son livre. «Mon intérêt s'est porté sur cette dernière pour au moins trois raisons : c'était une militante d'Alger, une région devenue zone autonome après le congrès de la Soummam (août 1956) et quadrillée après par les auteurs de la bataille d'Alger ; de plus, Mme Steiner, une des premières détenues politiques du FLN, avait été jugée lors d'un procès qui avait fait grand bruit en mars 1957. C'est une Algérienne d'origine française : on sait très peu de choses (mode de vie, fréquentations, etc.) sur ces Algériens qui s'étaient engagés dans le combat anticolonialiste et plus tard dans la construction de la nation algérienne. Enfin, Mme Steiner est une femme. Or, l'histoire officielle a marginalisé les moudjahidate et continue encore d'occulter le rôle joué réellement par ces femmes pendant la guerre de Libération nationale.» Dans cet ouvrage, une idée principale se profile à travers les différents entretiens et qui semble tenir à cœur à Annie Forio-Steiner, qui d'ailleurs l'exprime en ces termes : «Je ne veux pas apparaître comme une personne particulière, différente des autres même si je le suis.» Et d'ajouter : «Je m'exprime aujourd'hui pour briser le silence et parler avant tout de celles qui sont mortes.» L'interview évoque le parcours militant de la moudjahida, ainsi que son emprisonnement dans chacune des six prisons où elle a séjourné avec les autres militantes. Ainsi que la déchirure dans les relations familiales : rupture avec le mari, les membres de la famille et la séparation avec ses deux enfants Edith et Ida. Dans son livre, Hafida Ameyar raconte la vie d'Annie qui était issue d'une famille de piedsnoirs depuis trois générations. La militante a grandi dans un milieu plutôt protégé et n'a connu ni la misère ni les privations qui frappaient des millions d'Algériens. «Mais Annie est une rebelle née, une révolutionnaire qui place les valeurs de liberté et de justice au-dessus de tout. Justement, le dénuement et l'exclusion, elle les côtoie quotidiennement dans ces centres sociaux d'Alger où elle travaille pour venir en aide aux démunis. C'est là où la guerre la surprend », dira l'auteure.Et de poursuivre : «Elle n'est alors militante d'aucun parti politique ni organisation, et c'est souveraine mais lucide qu'Annie la «Française » opte pour «l'Algérie algérienne» en s'engageant dans les réseaux clandestins du FLN.» Des témoignages touchant et des révélations qui mettent toujours en valeur ces «autres», morts et dont on ne parle que rarement. Un livre qui rend également hommage à la femme militante et son rôle important dans la lutte anticolonialiste jusqu'à l'indépendance du pays.
Amel Bentolba
Le parcours de la moudjahida
Annie Forio-Steiner est née en 1928 à Marengo (actuellement Hadjout). Elle a fait ses études à Boufarik et Blida, et obtenu sa licence en droit à la faculté d'Alger en 1951. Elle travaille dans les services sociaux de la ville d'Alger où elle s'imprègne des dures conditions de vie des Algériens. Elle prendra conscience du grand écart et des disparités qui existent entre l'occupant et les indigènes. Jeune, elle commencera à militer et prendra carrément fait et cause pour l'indépendance de l'Algérie. Elle fait partie du réseau clandestin FLN de la capitale. Arrêtée en 1957, elle est condamnée à 5 ans de réclusion criminelle. Elle sera libérée en 1961. À l'indépendance de l'Algérie, elle opte pour la nationalité algérienne. Dans l'Algérie indépendante, Annie Forio-Steiner occupe un poste important au secrétariat général du gouvernement durant 30 ans ; elle contribuera, jusqu'à sa retraite en 1990, à la formation de dizaines de cadres de la Fonction publique algérienne. Militante convaincue, Annie n'a jamais quitté l'Algérie, où elle réside toujours.
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