Ce qu'il y a à la
base de toute démocratie, notamment celle survenue après une révolution, c'est
l'opiniâtreté des masses déléguant leurs élites à ce qu'elles gouvernent dans
le cadre d'un État de droit.
En effet les
révolutions, visant l'instauration de la gouvernance par le peuple et au profit
du peuple, ne sont pas apparues du jour au lendemain. Encore moins qu'elles
réussissent à la légère. C'est une longue maturation de la prise de conscience
des forces vives d'une nation en face à un ensemble de défis politiques,
économiques, sociaux, culturels, scientifiques…. A titre de référence, en
Europe, la révolution, qui avait réussie a atteindre ses objectifs principaux,
est issue d'une première Révolution industrielle apparue en 1750, en
Angleterre, est un long processus jalonné de crises sociales et de deux guerres
civiles déclenchées un siècle plus tôt, entre 1642 et 1646, propulsant le
royaume dans la voie de la République des élites (Commonwealth) instaurée par
Cromwell (1599-1658) condamnant a mort le roi Charles 1er en 1639. Un des
célèbres crimes de lèse-majesté depuis réparé grâce à la Démocratie type
parlementaire. Ensuite, une seconde Révolution industrielle, déclenchée à
partir de 1870, a
rehaussé le niveau de la
Démocratie puisque elle est structurée dans le sens d'une
plus grande participation des citoyens à la vie politique.
Ainsi, renforcée par les nations émergentes en
Europe de l'ouest et notamment l'Amérique du nord, une nouvelle phase décisive
s'ouvrait devant ces pays désormais renforcés et sachant combiner force
militaire et pouvoir des peuples animés par les sentiments du patriotisme et
d'appartenance a une communauté solidaire.
Cet entrain est issu d'un ensemble de progrès
: Une agriculture forte assurant l'autosuffisance alimentaire ; un réseau de
transport ferroviaire pertinent massifiant les relations humaines ; un
accroissement de l'habitat d'agglomérations instaurant la convivialité ainsi
que du droit de cité et a la parole et donc du civisme industrieux; les centres
manufacturiers des matières produites localement, etc. En un mot, des
révolutions créatrices propulsant les pays de l'Europe et du nouveau monde
(l'Amérique du Nord) dans la voie des découvertes fantastiques dont les
bienfaits de la
Démocratie. Ce qui avait permis aux nations, fondées sur les
sciences et les connaissances conjuguées à la libre pensée, de stimuler leurs
élites scientifiques à rechercher d'avantage des idées et les réaliser au
profit de leurs sociétés. C'est ainsi que des nouvelles énergies (le pétrole et
l'électricité) et des nouveaux matériaux dont le béton, l'aluminium et
l'acier…, et tant d'autres progrès et découvertes, ont été utilisés à bon
escient. Donc, c'est à partir de cette époque d'où sont issues les dialectiques
existentielles de l'Histoire éclipsant les anciennes bâties autour de
l'imprévoyance voire le fatalisme conjugué au pseudo religieux exploiteur et
mystificateur.
A l'image de
l'empire ottoman déclinant a l'époque. L'Afrique du Nord subissait, durant des
siècles, le « protectorat » des janissaires, campés autour des principaux
centres régionaux, a la solde des Caïds, Aghas, Bachaghas, Beys, Deys, soutenus
par une myriade de serviteurs dont les mokkadems des
Zaouïa sous l'emprise des Cheikhs de tribus qui, la plupart d'entre elles,
n'avaient pas de lieux fixes et nomadisaient constamment du sud vers le nord et
vice-versa. Ainsi, l'ensemble du Maghreb, notamment l'Algérie, était soumis aux
nombreux impôts en nature (céréales, cheptel, laines, etc.), et donc prédisposé
- colonisable - a l'emprise française, perçue comme une voie salutaire voire
libératrice, renforcée par les retombées des deux révolutions industrielles et la Démocratie. Un grand tournant, pour l'humanité,
défini à l'expansion du capitalisme colonisateur intensifiant l'exploration
ainsi que l'exploitation des richesses du sol et du sous-sol et de l'homme par
l'homme.
LES PROCHAINS
DEFIS DES PEuPLES ARABES SERAIENT LA BONNE GOUVERNANCE DES
TERRITOIRES AINSI QUE LA
DEMOCRATIE
Après les indépendances
respectives des pays du Maghreb, les survivances coloniales mélangées a celles
des zaouïas rétrogrades basées autour de la possession des territoires,
autrefois délimités approximativement puisque il y avait interpénétration des
populations et intérêts entre les contrées maghrébines, combinés aux pires
ignorances des peuples respectifs, de l'époque, car sous l'emprise redoutable
des systèmes nationaux de gouvernance. Ces régimes, le plus souvent instaurés
sur la base du clientélisme conjugué a la violence sous toutes ses formes
durant un demi-siècle, ont laminé les ardeurs patriotiques, des générations
successives transformées en léthargies annihilant tout esprit d'entreprise
collective et du compter sur soi.
Des analystes ont
tenté d'expliquer cette discordance entre gouvernés et gouvernants à l'échelle
maghrébine et de l'ensemble du monde arabe. Le plus souvent pour faire plaisir
a l'un ou l'autre de ces pays. Le temps a prouvé l'inconsistance de ces
approches basées autour des desiderata des gouvernants optant des systèmes à
l'unicité de pensées excluant les voix discordantes.
Au fil des
décennies, ces exclusions s'accumulèrent, et c'est le divorce entre la base et
le sommet des Etats en cours de désagrégations pour être ensuite recomposés sur
de nouvelles bases de gouvernance. A ce propos, d'après les dernières
déclarations des responsables des pays du Golfe, les royaumes Marocains et
Jordanien vont être intégrés au conseil de coopération des pays du Golfe qui
sont dans leur totalité des monarchies. Ainsi, à l' avenir,
les territoires monarchiques vont faire un seul bloc. En face, les Républiques,
dans leur majorité ébranlées (Tunisie, Egypte, Libye, Syrie… etc.), leur union
semble hypothétique voire faire tintin notamment les diplomaties indolentes
puisque n'ayant pas su s'arranger ni d'en prévoir les nouvelles bases
géopolitiques et stratégiques. La ligue arabe, à la base fondée selon des
critères stratégiques liés à l'existence d'Israël, est en chute libre. En ce
qui concerne le Yémen, il sera intégré d'ici peu au convoi. Après le départ de
Ali Salah. La Libye
pourrait rejoindre, plus tard, du moins dans un cadre géoéconomique, la
caravane puisque elle a un passé royaliste. Après le départ d' El Guedhafi. Actuellement les événements, en cours a l'échelle
du monde arabe, ont bouleversé les anciennes convictions établies et, de plus,
forcé l'admiration des autres peuples changeant leur vision a l'encontre des
ces révolutions d'un genre nouveau combinant, tant bien que mal, une
territorialité ouverte anti-autoritariste avec les vertus démocratiques A vrai
dire, les générations posr indépendances ont opté,
définitivement, de nouvelles méthodes d'approches liées a la gouvernance
Démocratique de leur présent et surtout du futur Celle-ci est loin d'être une
sinécure En fait, le plus grand défi jamais rencontré auparavant.
Réussiront-t-elles a l'instaurer dans toutes ses dimensions ?
A ce propos, M.
Winston Churchill, ex chef de gouvernement de la Grande Bretagne,
avait formulé les préceptes de la Démocratie en les termes suivants : « c'est le
pire des systèmes mais il n'existe pas de plus meilleur ». Cette réflexion, de
l'un des vainqueurs, de la deuxième guerre mondiale, en face de l'idéologie du
Nazisme, n'a pas perdue de sa pertinence jusqu'à présent. En effet, elle se
confirme en Tunisie et en Egypte de plus en plus fragilisés par la non atteinte
des objectifs principaux de leurs révolutions respectives et, donc, demeurent
encore menacées par les officines de la contre-révolution tapie dans les rouages
des gouvernements en place. En ce qui concerne la Libye, le Yémen, la Syrie…, a chacun ses
prédispositions, ils sont en train de côtoyer l'anarchie et son corollaire la
guerre civile a cause de l'entêtement des familles dictatoriales résidant dans
des palais bunkers.
L'HISTOIRE NOUS APPREND
QU'A LA FIN LES
PALAIS BRULENT TANDIS QUE LES LES HUMBLES JUBILENT
Nullement qu'ils
soient animés par la haine ni vengeance, nous semble-t-il, mais qu'ils aient le
sentiment que ce n'est que justice. Cependant, la révolution des humbles est
souvent reprise en main par ceux qui l'ont génère pour camoufler leur
injustice. Vainement, car à la base de départ, toutes les révolutions naissent
chez les gens modestes voire « naïfs » habitants les endroits populeux prédisposés
aux soulèvements.
Puis, à cause des
déceptions et lassitudes de ses promoteurs ainsi que de ses exécutants, elle
décroît dangereusement comme si rien n'était. En apparence seulement. En effet,
le feu continue de couver dans les tréfonds des chaumières. Il suffirait d'un
soudain coup de vent pour que les flammèches reprennent de plus belle.
Cependant, ces
résurgences ne se manifesteraient pas du jour au lendemain Pour le moment, la
révolution, en train de secouer les pays arabes, suit lentement le cours voire
élargit le périmètre initial de son épanouissement En effet, pour qu'elle ne
soit nullement reprise en main par ceux-la même qui en sont la cause de son
déclenchement, elle fait un travail de fourmi. Patiemment !
Aguerrie en si
peu de temps, et avec une expérience acquise dans le feu de l'action, néanmoins
elle est en train d'affronter la vieille garde du parti de la contre-révolution
active en Tunisie, Egypte ; elle assassine en Libye, Yémen, Syrie ; embusquée
pour le reste. Le tout, vainement. Car la révolution alimente son énergie des
impairs de la contre révolution. Un saprophytisme mystérieux. Fatidique !.
Un obscur
militant de l'ex parti unique Algérien, en visite cette semaine à Tripoli
capitale de la caverne d'Ali Baba généreuse sans sésame ouvre-toi, a glorifié
publiquement les exactions voire des crimes contre l'humanité que le peuple
libyen est en train d'endurer.
Du gâchis,
d'autant qu'il apporte de l'eau au moulin du Maghzen Alaouite Avait-il parlé au
nom de l'Algérie ? Si oui, a quel titre ? On dirait qu'il se prend encore pour
un militant d'une Kasma de base, des années 1970,
condamnant l'agression Israélienne en Palestine. Par la tchatcha et autour
d'une chakhchoukha.
En milieu de
semaine, au Maroc, des milliers de personnes ont manifesté leurs colères en
scandant : Non a la corruption, Non au terrorisme. Existe-t-il un lien ? En
tout cas les nouvelles générations notamment issues des milieux modestes, dans
l'ensemble du monde arabe, sont de plus en plus conscientes des enjeux et défis
liés à leur avenir. Elles semblent décidées à prendre en main leur destin
contre vents et marées.
Et les mensonges
! Donc, ce genre de magouilles fomentées se propagent telles des épidémies
contaminant les saines volontés de ces jeunes révolutions.
Pour rien, car
leur base est solide et qu'au bout du compte, toutes les dictatures chuteraient
en bas et que les révolutions s'élèveraient au pinacle. En d'autre terme, un
changement de fond en comble. Le verdict de l'Histoire a décidé qu'il en soit
ainsi. L'heure des peuples est arrivée !!!
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Ali Brahimi
Source : www.lequotidien-oran.com