Alger - A la une

50 ans moins 3 jours Point Zéro : les autres articles



Un siècle, comme la vie d'un homme, se divise généralement en deux. La première partie est consacrée à se battre, apprendre, comprendre ; la seconde à tout mettre en application, concrétiser les résultats et profiter des dividendes et des acquis. De ce point de vue, on pourra encore soulever que l'Algérie a brillamment réussi la première partie et échoué dans la phase suivante. Née au forceps grâce au courage d'hommes et femmes de 20 ans, elle a finalement été enterrée par des bureaucrates mous de 70 ans. En rentrant en marche arrière dans son deuxième demi-siècle, on réalise que les mêmes questions posées à l'indépendance se posent encore aujourd'hui, 50 ans plus tard : libertés, état de droit, pouvoir et contre-pouvoirs, justice et répartition des centres décisionnels.
Qu'aurait-on pu faire à la place de ce qui n'a été pas fait ou de ce qui a été mal fait ' La question est vaste, mais le temps passé joue contre les immobilistes, 18 260 jours plus tard, sans compter les heures précieuses et les dernières minutes. Que peut-on faire en 18 000 jours ' Si l'on construit 10 immeubles de 20 appartements par jour, on aurait pu en avoir 3 millions et demi. Si l'on rend fertiles 100 hectares de désert par jour, on aurait pu en avoir près de deux millions à cultiver. Si l'on forme un millier d'enfants par jour, on aurait pu avoir 18 millions d'humains qualifiés.
A l'inverse, si l'on détruit 100 hectares de terre et 1000 carrières quotidiennement, on arrive au point d'aujourd'hui : une terre aride à 70% et des millions de gens non formés et sans emploi. Un jeune mal formé mais informé expliquait d'ailleurs son amalgame en ces termes : «Nous ne sommes pas indépendants depuis 50 ans, nous sommes livrés à nous-mêmes depuis un demi-siècle.»
Au bas de la pyramide des suffisances du palais d'Alger et des rois fainéants, un demi-siècle et les serments de millions de martyrs nous contemplent.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)