Une directive européenne promulguée en janvier dernier fixe, à partir de
2012, un plafond d'émission pour les compagnies effectuant des vols au départ
ou à l'arrivée d'un des pays de l'UE et les astreint à payer des droits de
polluer.
Quatre transporteurs aériens algériens (Air Algérie, S Algérie, Tassili
Airline SA et MIL Algeria) ainsi que l'établissement de navigation aérienne
(ENNA) figurent dans une liste qui vient d'être publiée par l'Union européenne.
4.000 compagnies aériennes du monde entier figurent dans cette liste. Ces dernières
devront payer pour polluer. Objectif: contribuer à la lutte contre le
changement climatique à partir de 2012, sous peine de ne plus pouvoir atterrir
dans les aéroports des 27 pays européens. Un chiffre, très attendu dans un
secteur responsable à lui seul de 2% à 3% des émissions globales de gaz à effet
de serre, devait être publié début août. Il ne devrait pas sortir, au mieux,
avant l'automne. La raison du report ? Une salve de critiques s'abat sur
Bruxelles. Les compagnies aériennes font pression. Elles contestent la méthode
de calcul. L'exécutif communautaire a pour l'instant renoncé à fixer le plafond
des émissions de CO qui s'appliquera au secteur aérien, dans le cadre du futur
régime d'échange de quotas d'émissions, à partir de 2012. La mesure est
fortement controversée. La majorité des pays membres de l'Organisation
internationale de l'aviation civile (OACI) ainsi que les compagnies de
l'Association internationale du transport aérien (IATA) s'opposent à cette
directive de l'UE qualifiée d'«unilatérale». L'enjeu, pour les compagnies
aériennes, est énorme. Du plafond qui leur sera fixé dépendra le volume de
quotas qu'elles devront acheter aux enchères pour être autorisées à émettre
davantage. Pour le PDG d'Air Algérie, qui s'était exprimé fin juin dernier, la
décision «unilatérale» pénalise lourdement la compagnie, dont 80% de l'activité
se fait avec l'Europe. «Elle est d'autant plus injuste que l'Algérie, en tant
que pays émergent, n'est pas concernée par le protocole de Kyoto», avait
déclaré M. Bouabdallah, qui a initié un «mouvement de protestation, de concert
avec les compagnies aériennes arabes et africaines, pour dénoncer cette
instruction». Des compagnies arabes et africaines vont se concerter à Alger au
sujet de la directive européenne relative aux restrictions d'émission de gaz à
effet de serre dans le transport aérien, a annoncé, fin juin, M. Bouabdallah.
Cette loi européenne a été promulguée en janvier dernier et elle doit être mise
en oeuvre à compter du 1er janvier 2012. A cette échéance-là, toutes les
compagnies aériennes citées dans cette liste devront plafonner leurs émissions
de CO2 à 97% d'un niveau annuel de référence (taux calculé à partir d'une
moyenne des années 2004 à 2006). Dès l'année suivante, le plafond sera porté à
95%. Et ce n'est pas tout: les compagnies aériennes devront payer 15% de leurs
permis de polluer aux pays européens, dans le cadre d'une bourse d'échange, le
reste étant gratuit. Ce nouveau règlement de l'Union européenne pourra coûter
aux exploitants d'aéronefs concernés par cette loi un milliard d'euros, selon
les experts. Les exploitants doivent choisir un Etat européen, à qui il
détailleront leurs modes de calcul de leurs émissions en carbone, pour ensuite
verser ultérieurement pour ce même Etat le montant des droits à polluer. Chaque
pays européen décidera ensuite de l'utilisation qui sera faite des revenus
tirés de la mise aux enchères de ses quotas.
Les compagnies aériennes
internationales qui ne respecteraient pas certains délais légaux sont menacées
de perdre leurs droits à polluer gratuits ou se voir payer des amendes.
Selon ses premiers calculs, elle
atteindrait 216 millions de tonnes de CO sur 2004-2006 pour l'ensemble du
secteur, ce qui limiterait le plafond des émissions à 210 millions de tonnes
pour l'année 2012. «C'est un montant sous-estimé, estime l'Association du
transport aérien international (IATA), dont les résultats sont plus élevés de
10% à 20%. La Commission ne prend en compte dans sa méthode de calcul ni les
émissions causées par les retards à l'atterrissage ou au décollage, ni
l'allongement des routes lié à la gestion du trafic aérien.» Bruxelles
reconnaît en tenir compte seulement en partie - faute d'avoir reçu toutes les
informations nécessaires de la part des compagnies ! Au final, la Commission ne
devrait pas revoir sa méthodologie de fond en comble. Mais des ajustements
seront probablement nécessaires pour éteindre l'incendie.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Amine L
Source : www.lequotidien-oran.com