Alger

12 harraga secourus à 90 miles au large d’Oran



Le décompte lugubre continue Dans la nuit d’avant-hier, 12 harraga, âgés entre 25 et 28 ans, ont été secourus au large d’Oran, à environ 90 miles marins, par les services des gardes-côtes algériens, apprend-on de source fiable. En extrapolant, ils sont des milliers de jeunes à vouloir quitter le pays par n’importe quel moyen. El Harga des boat-people n’en est qu’un procédé parmi tant d’autres trouvailles. L’hémorragie continue.Huit de ces candidats à l’émigration se-courus sont originaires de la wilaya de Mostaganem et les quatre autres sont d’Alger, a noté notre source. Selon notre interlocuteur, le moteur de l’embarcation de type Suzuki, est tombé en panne. Les harraga ont été repêchés vers 22 heures. Ils sont sains et saufs. L’embarcation qui dérivait vers l’ouest a été repérée par le navire de marchandises, le «Five Partner», battant pavillon hollandais. Il faut rappeler que le «Five Parner» est le même bateau qui a alerté mardi dernier, les gardes- côtes algériens sur l’existence de trois harraga en danger, à 48 miles au Nord du Cap «Ouilis» (Mostaganem). D’après le bilan du commandement des Forces navales, ils sont 1113 harraga à être interceptés depuis le début de l’année. Ce décompte macabre, qui reste néanmoins approximatif, et peut-être revu à la hausse (en 2006, 750 harraga ont été interceptés) énonce que le drame des «boat people» continuera tant que les responsables restent déconnectés avec la réalité de ces jeunes en mal de vivre. Tenter de traverser la Méditerranée sur des embarcations de fortune n’est qu’un procédé parmi tant d’autres pour quitter le pays. Ces derniers mois, une nouvelle trouvaille a été mise à jour par les jeunes algériens pour émigrer vers l’Europe. Cette trouvaille consiste d’abord à obtenir un visa d’un pays asiatique, principalement la Chine et la Thaïlande mais, au lieu d’y aller directement, il suffit de faire escale dans un des aéroports européens. Une fois arrivés dans la salle d’attente pour le vol de destination finale, les jeunes avaient déjà falsifié un passeport étranger (la plupart du temps un passeport français) pour sortir de l’enceinte aéroportuaire. La plupart des jeunes qui ont choisi cette option passent par l’aéroport de Tunis en donnant 500 Euros, au chef d’escale de la compagnie tunisienne. On apprendra, également, qu’une agence de billetterie de la capitale tunisienne, est devenue un intermédiaire entre les jeunes algériens et un lobby de chefs d’escales tunisiens. Le vol Tunis/Pékin via Roissy Charles de Gaule est le plus recherché. Certains jeunes qui n’ont pas pu falsifier un passeport français, trouvent d’autres procédés, comme s’équiper d’un gilet des employés du Tarmac de l’aéroport français, pour pouvoir sortir en prenant les bus qui affrètent le personnel. Ils sont des centaines de jeunes qui ont opté pour cette trouvaille. Enfin, le procédé des escales via les aéroports européens est ancien. Jadis, l’escale Istambul/Oran via Zürich ou Paris étaient la plus en vogue. Mais le raffermissement des contrôles pour les vols à destination de l’Algérie a dissuadé les candidats Algériens. Ces derniers déboursent au delà de 30 millions de centimes pour y parvenir. Sur un autre registre, l’installation du plan ISTS dans les ports algériens n’a pas dissuadé pour autant les harraga. Selon le bilan du commandement des forces navales, ils sont 174 passagers clandestins qui ont été interceptés, la majorité dans des bateaux de marchandises. En 2006, ils étaient 266 passagers. Ceux qui n’ont pas été interceptés sont également nombreux. «Dans un endroit clos, tout le monde parle de prendre le large», nous déclara un psychologue. C’est dans ce sens qu’il faut voir la réalité de ces jeunes qui vivent sans projet, donc sans avenir. Parmi les harraga, on recense des universitaires et des gens qui ont apparemment une assise sociale plus au moins solide. Pendant la campagne électorale, tous les caciques des partis ont éludé avec maladresse les questions des journalistes portant sur ce sujet. Et ceux qui ont parlé des drames des harraga ont fait dans la récupération médiocre. Benachour M.
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