
Le centre de Sidi M'djahed (une dizaine de kilomètres du chef-lieu de daïra de Miliana, wilaya de Aïn Defla) destiné aux personnes inadaptées mentales, continue à souffrir de l'isolement dû en grande partie à l'enclavement de cette région, pénalisant depuis des années la soixantaine de pensionnaires qui y vivent .Ces derniers, dont l'âge varie entre 12 et 60 ans, survivent grâce au personnel encadreur et aux bénévoles activant au sein des associations charitables locales et nationales. Le site perdu dans les montagnes du Zaccar n'incite pas, en effet, les visiteurs à faire fréquemment le déplacement, d'autant que le transport public est rare et les chauffeurs de taxi hésitent à s'aventurer sur la route sinueuse qui conduit au centre. Mais le plus douloureux est de savoir que les concernés ne reçoivent que rarement, sinon jamais la visite d'un proche. Une situation qui accentue les troubles du comportement chez certains pensionnaires qui malgré leur état mental dégradé ressentent parfaitement l'abandon parental, dont ils sont l'objet, a expliqué une psychologue lors d'une intervention sur les ondes de la radio locale.
Des parents se manifestent parfois pour une affaire d'héritage, s'est encore indignée l'intervenante. Abondant dans le même sens, son collègue fera savoir qu'en 12 ans de service, il n'a pas vu aucun parent se présenter au centre. Le même encadreur précisera que le taux d'abandon parental frôle les 93%. Cette désaffection est due, selon lui, aux conditions précaires des familles dont certaines comptent d'autres handicapés.
Cependant, il s'agit bien souvent de négligence a encore ajouté le spécialiste. Inutile de dire que la prise en charge de ces êtres humains à part entière nécessite un grand dévouement et beaucoup d'abnégation. Une mission dévolue à un personnel spécialisé appelé à côtoyer des cas lourds à tout instant.
C'est dire que la tâche est rude et a besoin d'être renforcée par les actions charitables émanant notamment du monde associatif. Les parents et proches, quant à eux, sont appelés à ne pas renier leur progéniture ou un membre de leur famille déjà durement éprouvé par le destin. Signalons enfin que des voix s'élèvent demandant la délocalisation du centre et son implantation à proximité des zones accessibles à la population. En somme, il s'agit d'un ancien projet datant de l'époque où Djamel Ould Abbès était à la tête du ministère de la Solidarité nationale et de la Famille, qui semble aujourd'hui renvoyé aux calendes grecques.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Aziza L
Source : www.elwatan.com