Ain-Defla - Revue de Presse

Commentaire



Les alternances entre espoir et inquiétude C’est toujours avec un mélange d’appréhension, d’inquiétude et peut-être aussi d’espoir qu’est tentée la lecture de l’avenir de la démarche de réconciliation nationale à travers, non pas le nombre de ceux qu’on appelle les repentis, mais plutôt l’évolution des variables de sécurité. L’élément d’inquiétude provient de ce que les populations redoutent que les attentats commis contre des éléments des corps constitués traduisent une renaissance de la violence et un retour aux personnalités ciblées et définissent ainsi une nouvelle stratégie qui démarre de l’extrême violence comme preuve du refus de rejoindre la démarche de réconciliation. L’autre élément d’une relative incompréhension de la part des populations demeure le retrait observé des pouvoirs publics à la fois de la reprise du discours incitant à la réconciliation et du discours incitant à la fermeté.Si, alors, on n’est plus dans une situation où l’on cesse de promettre la réintégration sociale à ceux qui abandonnent les maquis et où on ne promet pas l’enfer à ceux qui continuent à pratiquer ce qu’on appelle la violence, mais qui dépasse de très loin la signification de ce concept, si par le discours de tous les jours, on oublie la réconciliation comme on oublie de condamner les attentats, la question pourrait bien se poser de savoir ce que nous voulons exactement, pourquoi le voulons-nous et comment comptons-nous y parvenir. Il est fort possible que le pouvoir sache ce que, lui, veut, et il est fort possible que les populations ne sachent pas, quant à elles, ce que le pouvoir veut, ce qui revient à dire que les populations n’ont pas pu accéder au code du cheminement de la pensée du pouvoir. Le problème justement est que durant les années 90, il y a eu une overdose de discours de fermeté, puis, dans un peu plus de moitié de la décennie suivante, il y eut une overdose de discours sur la paix par la concorde et la réconciliation, et puis, depuis la fin du mois d’août, il n’y a plus du tout de discours sur la fermeté et sur la paix, nous plaçant ainsi dans la situation où nous ne savons plus si les pouvoirs publics investissent toujours dans la recherche de la paix ou dans le rétablissement de l’ordre public. Notre conscience subit alors le principe de la douche écossaise, entre le chaud et le froid alternativement, tandis que les perceptions des populations oscillent entre éclaircie et obscurité, c’est-à-dire éclaircie quand on annonce que les éléments des groupes armés prennent le chemin de la réconciliation et obscurité au vu des attentats, et principalement quand les victimes sont nombreuses et appartiennent à des corps de sécurité qui tombent par une négligence incompréhensible dans des embuscades, comme le furent les éléments de la garde communale à Aïn Defla. Espérer? S’inquiéter? Ouvrir les bras? Montrer le poing? De toute façon, la combinaison a déjà été pratiquée. Ce qui est par contre à remarquer, c’est que le cadre du système politique en vigueur, ni la rahma, ni le dialogue, ni les élections toutes catégories confondues, ni la concorde, ni la réconciliation nationale, ni la politique de sécurité adoptée n’ont été capables de mener les sources de la violence à leur extinction car s’il y a une violence aussi durable, c’est qu’il y a une (ou des) source(s) entretenue(s) et que la thérapie adéquate n’est pas encore identifiée ou bien le choix n’a pas été porté sur son application. Bachir Medjahed
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