Adrar - A la une

Une terre généreuse



Un couscous vert à TimimounIl y a deux sortes de tourisme à Timimoun, celui conventionnel qui est pratiqué par les institutions et les hôtels, et celui dit « solidaire » initié par la population qui attend la haute saison pour travailler, vu que c'est la seule ressource de la ville. Alors des pères de famille se sont formés au métier de guide et d'hôtelier avec hébergement chez l'habitant avec gîte et couvert. Une formule qui fonctionne très bien et le touriste qui a mangé le fameux couscous vert de Timimoun appelé « Ish essrayr », revient toujours. Ich essraayer (littéralement couscous au bouquet garni) que les historiens présentent comme un trait d'union entre le couscous maghrébin et le couscous sahélien. Composé essentiellement de grains avec des plantes médicinales, il doit sa couleur verte au romarin et à l'armoise et constitue un excellent remède à l'anémie et aux troubles gastriques. Arrosé d'une sauce rouge très pimentée agrémentée de viande de chamelon, ce mets « identitaire » est très prisé par les touristes. L'affluence atteint son pic durant les fêtes de fin d'année et lors de la fameuse fête S'boue El Nabi (la semaine du Prophète).Les manuscrits d'AdrarAdrar est un centre historique connu et couru pour ses fameux manuscrits datant de nombreux siècles. A ce jour, les historiens et les chercheurs ne sont pas arrivés à s'entendre sur l'âge exact de ces précieux documents. Et si les uns en attribuent l'origine au VIe siècle après l'hégire, d'autres parlent de IXe siècle tandis que certains avancent carrément leur origine à 14 siècles, c'est-à-dire que ces manuscrits seraient contemporains de l'avènement de l'Islam. Répertoriés au nombre de 7000 répartis sur des bibliothèques situées à l'intérieur des ksour et qu'on appelle « khizanates », ces manuscrits traitent des arts, des sciences humaines, de l'astronomie, de la médecine, de l'histoire, du soufisme et surtout des hadiths et de leur explication. Pourtant ces manuscrits ont souffert de la période coloniale où une partie fut détruite tandis qu'une autre fut déplacée avec les dégâts qui s'en suivirent. Il faudra cependant attendre l'année 2006 pour que les pouvoirs publics ouvrent un centre national des manuscrits qui prend en charge la sauvegarde de ce patrimoine inestimable.Tewfik le pionnierIl s'appelle Tewfik et c'est un enfant du Nord. Il y a une vingtaine d'années, il a eu l'idée folle de venir à Adrar acheter un lopin de terre (pour une bouchée de pain) et de l'exploiter. Alors il s'est entêté à fertiliser ce bout de désert jusqu'au jour où un sourcier de la région fit jaillir de l'eau dans son lopin. Alors le jeune homme se mit à l'ouvrage et utilisa le système d'irrigation local, les fameuses foggaras, spécificité d'Adrar. Alors la verdure s'installa et Tewfik put cultiver des tomates et des légumes. Aujourd'hui, il s'est agrandi et écoule toute sa production. L'aventure fut donc payante et aujourd'hui Tewfik est un homme prospère qui, malgré son aisance, préfère rester à Adrar. Pour l'immense paix intérieure qu'il y a trouvée.


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