
Une stratégie a été mise en place par le CAP Terre depuis sa création, pour réhabiliter l'image des maisons construites avec des matériaux locaux auprès des populations, selon Mme Terki, directrice du CAP Terre (Centre algérien du patrimoine culturel bâti en terre).Dans un entretien accordé à Liberté, la directrice du CAP Terre, dont le siège est à Timimoun (wilaya d'Adrar), l'architecte Yasmine Terki a déclaré que plusieurs villages en Algérie ont perdu de leur valeur architecturale à cause de la dévalorisation des matériaux locaux, voire traditionnels au profit des matériaux industriels. "Malheureusement, les villageois ont la fâcheuse tendance à détruire leurs maisons bâties en matériaux locaux pour les reconstruire en matériaux industriels. Ce phénomène est constaté presque dans tous les villages à l'échelle nationale", constate notre interlocutrice. Et d'ajouter : "Il faut leur expliquer qu'on peut moderniser l'intérieur d'une maison bâtie avec des matériaux locaux comme ça se fait dans le monde entier. Paris est la capitale la plus visitée par les touristes dans le monde. Ce qui intéresse plus le touriste dans cette ville, c'est son patrimoine bâti. Ses immeubles sont en pierre qui a des siècles d'existence."Par ailleurs, Mme Terki a expliqué qu'une stratégie a été mise en place par le CAP Terre depuis sa création, pour réhabiliter l'image des maisons construites avec des matériaux locaux auprès des populations. "L'objectif de cette institution publique créée en 2012 est de promouvoir les architectures de terre et les matériaux locaux en général et à leur tête les matériaux de terre et par-là même promouvoir le patrimoine culturel", précise-t-elle. En effet, cette dernière avoue que le problème majeur qui paralyse la préservation du patrimoine en Algérie est le manque de professionnels capables de prendre en charge ce patrimoine. "On ne peut pas préserver un patrimoine si on n'assure pas la transmission de la culture et le savoir-faire de sa réalisation. Car, si on ne sait pas construire avec les matériaux locaux, on ne pourra jamais préserver notre patrimoine", explique-t-elle. Dans le même cadre, notre interlocutrice a ajouté que les formations assurées par les universités et les centres de formation professionnelle sont exclusivement axées sur l'utilisation des matériaux et techniques industriels. "Aujourd'hui, tout le monde (architectes, ingénieurs et maçons) est formé exclusivement à l'utilisation des matériaux industriels. On n'a plus des gens qualifiés pour prendre en charge le patrimoine. Faute de formation de ce genre, nous avons perdu un savoir-faire énorme cumulé au fil des siècles. Ces établissements doivent introduire des formations dans ce cadre pour permettre un retour vers l'utilisation des matériaux locaux afin de sauver ce qui reste de notre patrimoine", a conclu Mme Terki. A. LOUCIF
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : LOUCIF A
Source : www.liberte-algerie.com