Adrar, capitale du patrimoine immatériel
La ville d’Adrar abrite depuis le dimanche dernier un séminaire international sur les manuscrits du Touât qui demeurent, bien entendu, un patrimoine à préserver du dépérissement. La clôture de ce rendez-vous est prévue pour le 24 avril prochain.
Les Zaouïas et les grandes fa-milles d’Adrar disposent d’un trésor inestimable constitué de nombreux ouvrages et vieux manuscrits datant de plusieurs siècles. Faute de conservation adéquate, ce fond académique et documentaire se trouve dans un état de dégradation avancée.Les rayons se comptent selon les titres de quelques dizaines à plusieurs milliers de volumes. Dans la région de Touât, les manuscrits se divisent en trois catégories: ceux qui ont été apportés par les tribus émigrantes vers cette région, d’autres ont été acquis dans d’autres pays à des prix fort élevés pour l’époque. Certains coûtaient le prix de plusieurs chameaux ou parfois celui d’une parcelle de terre. La deuxième catégorie a résulté du travail des oulémas locaux et ont été composés dans des conditions difficiles, en raison du manque de papier. L’encre utilisée, à titre d’exemple, était la même que celle utilisée pour les planches de l’école coranique (Smek). Certaines localités d’Adrar, telles que Tililène, Ouled Saïd, Tamentit, Koussane, Bouda... étaient réputées pour leur grande production d’ouvrages écrits, il y a de cela plusieurs siècles. Aujourd’hui, ce séminaire international qui regroupe 60 participants de 14 états différents (Egypte, Turquie, Jordanie, Libye, Oman...) tente tant bien que mal à la faveur des interventions et conférences de lever le voile sur la conservation de ces manuscrits et les travaux de recherche à effectuer à ce titre. En parallèle, le Centre national du manuscrit d’Adrar, inauguré en 2007, a bénéficié d’une enveloppe de 8 milliards de centimes pour l’achat d’équipement en vue d’entreprendre des travaux de restauration et de protection en mobilisant des procédés scientifiques avec la collaboration du département de la Gironde en France. Ce centre d’Adrar a été créé afin de prendre en charge les différentes «Khazinate» éparpillées à travers l’immense territoire de la wilaya sachant qu’Adrar compte 53 bibliothèques. La troisième catégorie résulte de la copie d’ouvrages de référence brassant différentes disciplines: Islamologie (Fiqh) et langue arabe. Ces œuvres sont léguées d’une génération à une autre et leur nombre demeure difficile à cerner en dépit des travaux de recensement et c’est dans ce but qu’il a été décidé la création d’un centre à Adrar. Les spécialistes indiquent la présence de 30.000 manuscrits en 1908, alors qu’aujourd’hui il n’en reste que 12.000. Le recensement effectué prouve qu’à défaut de conservation, l’usure inéluctable du temps aura eu raison de ce patrimoine. 25% des livres se trouvent dans un état moyen, 30% dans un mauvais état et 45% dans un état vraiment critique. Une rude besogne attend les spécialistes qui doivent rapidement s’atteler à la tâche, fastidieuse et longue mais une fois réalisée et terminée, elle représentera indubitablement un véritable exploit et une énorme prouesse technique qui aura permis de faire sortir ces références de l’oubli. Le public est cordialement invité à se manifester et à faire don de précieux ouvrages qui seront restaurés et mis à la disposition des lecteurs afin qu’ils puissent en profiter.
Hichem M.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com