
La fermeture, depuis plus de deux ans, de l'aéroport de Timimoun, dans la wilaya d'Adrar, continue de compromettre la saison touristique de la belle Oasis rouge. L'aéroport a été fermé pour des travaux de réhabilitation de la piste puis de l'extension de l'aérogare. Pour les opérateurs touristiques de la ville de Timimoun, cette situation n'a que trop duré. « La fermeture de l'aéroport a eu des conséquences fâcheuses sur l'activité touristique dans la région qui voit le nombre de visiteurs diminuer de manière inquiétante », ont-ils affirmé. En effet, pour atteindre Timimoun, les visiteurs doivent prendre un avion pour la wilaya d'Adrar, puis emprunter 200 km de route. « D'abord il n'y a pas de vol quotidien sur Adrar. Ce nouvel itinéraire occasionne des frais supplémentaires aux touristes en plus de la fatigue car la route est quand même épuisante, notamment pour les visiteurs algériens, dont une bonne partie n'est pas encore habituée à ce genre de voyage », a précisé le gérant d'une agence de voyage. La morosité de l'activité touristique à Timimoun a été favorisée par un autre problème aussi crucial : le manque d'infrastructures d'hébergement. L'hôtel public « Gourara » est également fermé depuis deux années en raison des travaux de rénovation. Rattaché à l'hôtel El Djazaïr d'Alger, l'hôtel Gourara, 4 étoiles, constitue une des plus importantes infrastructures hôtelières en termes de capacité d'hébergement. « Il est absolument nécessaire de procéder à la réouverture de cet hôtel afin de pouvoir recevoir les quelques visiteurs attendus pour la fin de l'année dans des conditions confortables », estiment les opérateurs. Les campings et petits hôtels privés construits çà et là pour augmenter les capacités d'accueil de cette ville saharienne très prisée par les visiteurs, notamment en cette période de fin d'année, sont déjà pris d'assaut même si les services offerts ne sont pas toujours aux normes et à la hauteur de la demande. Les opérateurs évoquent aussi l'échec de la formule « l'hébergement chez l'habitant », conçue pour permettre aux visiteurs de passer leur séjour chez une famille d'accueil afin de mieux connaître la vie et les traditions de la région. Cette formule a été vite détournée de sa vocation première. « Les agences procèdent à la location de maisons vides aux visiteurs sans la moindre commodité. En l'absence d'un contrôle rigoureux de cette activité, le touriste qui opte pour cette formule prend un grand risque car tout peut lui arriver dans ces endroits douteux ».Outre contempler les belles dunes rouges et se balader dans les vieux ksour de cette superbe région, les visiteurs pourraient se déplacer pour faire « des cures antistress » à Timimoun après l'ouverture du centre « Ksar Saha ». L'ouverture de cette nouvelle infrastructure offrant une capacité supplémentaire d'hébergement de 40 chambres, d'un restaurant de 160 couverts et d'une salle de d'une conférence, a été retardée en raison de défaillances dans l'installation du réseau d'eau potable et d'électricité. « Les nombreuses promesses tenues pour nous régler ce problème afin de pouvoir fonctionner sont restées vaines », a indiqué M. Boulbina, propriétaire de cet établissement. Les opérateurs locaux du tourisme lancent un appel de détresse afin de sensibiliser les pouvoirs publics sur la situation. « L'activité touristique tourne en rond. Les touristes étrangers ont déserté l'Algérie en raison de la situation sécuritaire. Il ne nous reste plus que les touristes algériens pour maintenir cette région et ses habitants en dynamique. Mais avec la persistance de ces nombreuses lacunes, la saison est véritablement menacée d'un échec certain ».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nouria Bourihan
Source : www.horizons-dz.com