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Le Sahara, cimetière de rêves et d'illusions



Le Sahara, cimetière de rêves et d'illusions
La rencontre fut une énième occasion d'aborder, « dans le fond et dans la forme », un roman largement salué par la critique, tant pour sa force esthétique que pour le choix de sa thématique : l'émigration clandestine. S'il n'est pas le premier auteur algérien à s'intéresser aux Harragas (Boualem Sansal, Lahbib Sayah, Rabéa Djalti, Bouziane Benachour ont déjà traité du sujet) force est de dire qu'il reste le seul à avoir pris l'homme africain comme exemple. « Comme tout écrivain, je me suis posé un certain nombre de questions sur ces milliers de jeunes Africains qui bravent tous les dangers du monde pour passer de l'autre côté de la Méditerranée », confie cet enseignant de littérature arabe à l'université d'Adrar. De la capitale du Touat justement, il rappelle qu'il s'agit d'une plaque tournante et stratégique de l'émigration clandestine « un contexte, poursuit-il, qui m'a aidé pour approfondir mes recherches sur le thème ».Les raisons d'un exodeEn sus d'un gros travail de documentation, l'auteur de « Le Royaume des Ziouane », son premier roman, paru en 2013, s'est déplacé dans plusieurs régions africaines touchées par le « mal du siècle », notamment au Niger. « Je ne voulais pas rester otage de mes lectures et donc du point de vue développé par les écrivains que je lisais dans l'espoir d'une meilleure connaissance de mon sujet », explique-il non sans mettre l'accent sur la masse d'informations culturelles, historiques, économiques, sociales, politiques, religieuses, ethnologiques...qu'il a glanées, ici et là, à propos des candidats au « grand voyage ». Pour l'universitaire, la misère économique découlant des guerres civiles et des coups d'Etat permanents dans plusieurs pays africains explique en grande partie l'exode massif. L'écrivain découvre aussi une multitude de profils qu'il présente sous deux formes : « Les jeunes originaires de l'Afrique profonde tels que les Camérounais, les Ivoiriens, les Libériens, les Sierra léonais sont de nature plus engagée et donc plus aventuriers que les jeunes issus des pays du Sahel, comme les Maliens, les Nigériens ou les Sénégalais ».Mais tous convergent, selon lui, vers le même idéal, à savoir fuir la malvie et les violences qui déchirent leur pays. Co-animateur de la rencontre, l'écrivain Amine Zaoui n'a pas attendu très longtemps pour dire tout le bien qu'il pense de « Camarade » dont il salue et l'histoire et la valeur culturelle. « Je crois que ce nouveau roman s'inscrit dans le même sillage que le premier étant donné que les deux livres chantent le Sahara. Son auteur, digne fils du Sahara et très au fait des cultures africaines avoisinantes, est mieux placé que quiconque pour traiter de cette question », souligne l'auteur du « Dernier Juif de Tamentit », en saluant une texture cinématographique qui donne une autre plue-value au roman. Salué par la critique et dans les médias, l'auteur semble, avec ce nouveau roman, s'installer confortablement et définitivement comme l'un des écrivains arabophones les plus en vue sur la scène littéraire algérienne.


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